Gorosabel rapporte ensuite qu’un autre différend, non moins grave, entre la ville et la province, bien que de nature différente, se produisit plus tard.
« En 1693, les gardes de la perception signalèrent sur le pont de Mendelo une certaine somme d’argent transportée dans le portefeuille de Fuenterrabía depuis Saint-Sébastien. En conséquence, les maires de Fuenterrabía, accompagnés de seize habitants, se rendirent très tôt le lendemain matin à la maison des douanes d’Irun, où ils arrêtèrent le percepteur, qui n’était pas encore levé. Conduit sous ce déploiement de force comme prisonnier à la maison communale de Fuenterrabía, il fut formellement inculpé, comme devant un tribunal, d’avoir retenu les lettres qu’il transportait. Satisfaits de ses explications — ou peut-être craignant les conséquences de leur action arbitraire — ils le relâchèrent.
La province, à qui le percepteur rapporta l’incident, donna commission au licencié Juan de Larreta pour enquêter. Celui-ci se rendit sur place, constitua le dossier judiciaire correspondant et, sur la base des témoignages recueillis, la Députation décida de corriger personnellement les trois individus de Fuenterrabía les plus coupables. Pour ce faire, un commissaire fut envoyé pour les convoquer devant la Députation. Cependant, ils non seulement ignorèrent cette convocation ; ils emprisonnèrent le commissaire dans la prison publique, lui arrachant violemment le document de commission. Non contents de cela, ils adressèrent à la Députation une lettre aux termes les plus inappropriés et même menaçants.
Offensée par un tel comportement, la province informa le roi et son conseil. Par provision royale du 15 avril de la même année, le conseil ordonna la libération immédiate du commissaire arrêté par les habitants de Fuenterrabía. Il ordonna également la comparution personnelle des maires de la ville devant la cour dans un délai de quinze jours. Une fois cela fait, et après que les maires eurent fait quelques gestes conciliateurs, l’affaire fut close sans suite."
