Pendant les mois difficiles et longs de la transition politique du franquisme vers le régime de partis, Hondarribia fut le théâtre de l’un des épisodes sanglants les plus douloureux de la période. Après la célébration de l’alarde du 8 septembre 1976, lorsqu’une foule déambulait et remplissait les rues du quartier de la Marina, la constitution d’une petite manifestation en faveur de l’amnistie des prisonniers de l’ETA provoqua l’intervention des forces de la Police Armée et de la Garde Civile, qui utilisèrent soudainement du matériel anti-émeute. Lors d’une des charges, alors que les gens tentaient de se réfugier dans les portails et les ruelles, le jeune Irundarra de vingt-deux ans, Jesús Mari Zabala, participant habituel de l’alarde avec la compagnie de Mendelu, fut mortellement blessé. À partir de ce moment, les fêtes se transformèrent en un deuil collectif. Le dîner des autorités avec le Gouverneur Civil au château fut suspendu, ainsi que les danses, dîners et festivités. Le lendemain, Mercedes Iridoy, maire de Hondarribia, démissionna avec le reste de la corporation municipale. La province de Guipuscoa entra le 10 septembre dans une grève générale, marquée par des incidents et des manifestations. Une énorme manifestation, menée par Mme Iridoy, se constitua malgré l’interdiction, après les funérailles célébrées à l’église de Hondarribia le 11 septembre.
