Le XVIIIe siècle commença également par des incidents, cette fois causés par la visite du nouveau roi Bourbon, désigné héritier du trône d’Espagne par le testament de Charles II, en 1701. Selon Gorosabel, Hondarribia voulait qu’un de ses maires se rende à Irun avec une compagnie formée de ses habitants pour accomplir toutes les fonctions de salves et de garde pour Sa Majesté Royale.
« Cela se fondait sur le fait qu’Irun relevait de sa juridiction et que la province avait ordonné que chaque maire accomplisse ces honneurs dans sa localité respective selon la forme habituelle. Les habitants d’Irun, offensés par cette prétention, mêlèrent leurs plaintes à des menaces ; et, selon les rumeurs publiques, ils se préparaient non seulement avec de la poudre pour les salves, mais aussi avec des balles pour s’opposer aux habitants de Fuenterrabía. La Députation chercha à éviter une confrontation entre les deux villes ; et après avoir examiné les documents de ses archives, elle constata qu’à plusieurs reprises Irun avait fourni sa compagnie indépendamment de Fuenterrabía.
La province souhaitait donc que Hondarribia renonce à son insistance, mais en vain. Dans cette situation, pour éviter un affrontement et ainsi un scandale qui aurait discrédité les deux villes et même la province aux yeux d’un monarque qui foulait pour la première fois le territoire espagnol, la Députation porta l’affaire à la connaissance de Sa Majesté à son arrivée à Saint-Jean-de-Luz, afin qu’il prenne la décision la plus appropriée.
Le roi, informé de l’affaire, ordonna que, n’ayant pas l’intention de nuire à l’une ou l’autre des villes, la garnison entrant à Irun soit composée de soldats du présidio de Saint-Sébastien, sans intervention des habitants. Dans une autre communication adressée à la province pour expliquer cet ordre royal, il manifesta qu’il serait de son agrément royal que ni le maire de Fuenterrabía, ni le capitaine d’Irun ne sortent pour le recevoir ou le saluer, et cela fut exécuté en conséquence."
