Incident de 1674 avec Pasajes. Fuenterrabía ne voulait pas se résigner à perdre l’obéissance des lieux sur lesquels elle avait eu la prééminence. Avec Pasajes, elle eut un conflit grave en 1674. Selon le récit de Gorosabel, les différends sont nés d’une lettre que la mairie de Pasajes adressa à celle de Fuenterrabía, en ordonnant que certains habitants de cette dernière fassent la garde au château de Santa Isabel pour une meilleure sécurité du port. Les habitants de Pasajes estimaient que de tels ordres auraient dû leur être communiqués directement par la province ou par leur colonel. Ils considérèrent comme une atteinte à leurs libertés la manière dont l’ordre leur avait été communiqué. Pour donner satisfaction, le capitaine Francisco de Ugarte et Fabián de Goicoechea, régidor et député du lieu, se rendirent à Fuenterrabía, où les alcaldes les arrêtèrent sans autre formalité et sans procédure, et les gardèrent prisonniers pendant plusieurs jours. Pasajes informa la Diputación de la province, ce qui donna lieu à un dossier contentieux. Celui-ci fut jugé à Azcoitia le 9 octobre 1675, avec l’accord du docteur Pedro Angulo y Lugo, professeur titulaire de droit canonique à l’Université de Valladolid et avocat de sa chancellerie, qui donna raison à Pasajes concernant le droit de hisser son drapeau, de nommer des capitaines, alférez et autres officiers en cas de guerre indépendamment de Fuenterrabía. Par ce jugement, il fut également déclaré que Pasajes, sur le plan militaire, devait dépendre directement de la province et de sa colonelía, sauf lorsque Fuenterrabía recevait l’ordre de la province de le donner aux lieux de sa juridiction, et pour les honneurs royaux et le déploiement des étendards. La ville de Fuenterrabía fit appel de cette décision devant le Conseil Suprême de la Guerre, et bien que ce dernier ait émis une provision royale obligatoire et une citation, Gorosabel ne trouve aucune information sur l’issue ultérieure de l’affaire, qui semble s’être ainsi terminée ou du moins suspendue.
