Villes

Hondarribia

Dans la zone est du coteau 543 du massif de Jaizkibel, près de Gaintxurizketa-Guadalupe, José Miguel de Barandiarán a découvert, en 1934-1935, deux dolmens qui furent ensuite détruits par les travaux de la route. Ces prospections archéologiques et les campagnes ultérieures, durant les années 1980 et 1990, permettent de remonter jusqu’au Paléolithique moyen pour situer les premiers noyaux de population dans la zone où se dressera plus tard Hondarribia. Autrement dit, 50 000 ans avant Jésus-Christ. De cette époque date un biface retrouvé non loin du Cap Higuer, découvert par José Luis Caso lors de fouilles réalisées dans la zone en 1992. Cependant, selon Jesús Altuna, les vestiges lithiques permettent de reculer cette date à une période encore plus ancienne : 150 000 ans avant Jésus-Christ, au Paléolithique moyen.

La rareté des gisements directement excavés liés à la zone urbaine occupée par l’Hondarribia actuelle, au-delà de Jaizkibel, ne permet pas de fixer avec certitude l’évolution préhistorique de la future ville. Cependant, les indices trouvés dans son environnement immédiat montrent un développement prototypique des différentes phases — Néolithique, Chalcolithique, Âge du Bronze, Âge du Fer… — de cette période historique.

Il en va de même pour le processus de romanisation. Les fouilles effectuées à l’intérieur de l’agglomération par Miren Aierbe et les prospections sous-marines permettent de tracer un processus de romanisation typique de la zone, qui commencerait pendant les guerres entre Sertorius et Pompée en 75 avant Jésus-Christ. En effet, les découvertes faites au cours des vingt dernières années du siècle dernier dans le périmètre maritime du cap Higuer semblent confirmer les soupçons de Berrotarán et Díaz en 1785 (rapport à l’Académie d’Histoire), repris par Serapio Múgica, sur l’existence d’établissements portuaires d’origine romaine dans l’estuaire du Bidasoa, aujourd’hui en rapide colmatage, mais qui à l’époque romaine semble avoir constitué un estuaire jusqu’à Endarlaza, lieu actif de navigation et de cabotage.

Des vestiges archéologiques et toponymiques existent également dans les cours transversaux de Jaizubía, Ibarla et Estebenea. Mezquiriz, Hernandorena et Rodríguez Salis ont trouvé dans la rade d’asturage d’Asturiaga (vers Higuer) une série de matériaux archéologiques romains, en particulier des céramiques, en face du château de San Telmo. Ces découvertes, ainsi que les importantes trouvailles d’Irún par J. Rodríguez Salís, ont conduit des chercheurs comme Ignacio Barandiarán à émettre l’hypothèse « que le site de Juncal et ce qui pourrait être découvert à ses environs correspondrait précisément à l’agglomération urbaine de cette Oiason des Vascons, qui, par le changement d’ère, était reliée aux Romains » (Guipúzcoa en la edad antigua, CAP, 1973, p. 84).

Oiason apparaît ainsi comme une désignation polyvalente. Selon Barandiarán, elle pourrait désigner une ville, un cap ou promontoire, et un passage entre l’Ibérie et l’Aquitaine. Adolf Schulten, guidé par son interprétation d’un passage de l’Ora Marítima d’Avienus, réalisa en 1926 une fouille sous l’ancienne chapelle de San Telmo à la recherche d’un temple dédié à Vénus (Veneris iugum) maritime. Le célèbre archéologue allemand y trouva une construction ancienne qui le conforta dans sa thèse, bien que celle-ci ait été contestée par divers auteurs, sur la base de la mention de deux rochers — Amuitz et Les Briquets pour Schulten — qu’ils jugent insignifiants pour être ceux auxquels se réfère le chroniqueur classique.

Comme c’est le cas pour la période préhistorique et, dans une moindre mesure, pour l’étape de la romanisation, les siècles de transition entre l’Antiquité et le Moyen Âge (du IVᵉ au VIIIᵉ siècle de l’ère chrétienne) sont à peine documentés à Hondarribia. Beaucoup des données disponibles sont de nature indirecte et les références directes au territoire où Hondarribia sera implantée ont un caractère fortement légendaire. C’est par exemple le cas de certaines références littéraires qui supposent l’existence dans cette zone de communautés étrangères à la fois aux envahisseurs arabes pénétrant dans la péninsule Ibérique — et s’emparant de Pampelune — ainsi qu’à l’empire carolingien jusqu’à Poitiers entre 711 et 732, mais aussi aux Carolingiens eux-mêmes.

Ainsi, dans le Poema de Fernán González, attribué à un moine du monastère d’Arlanza et rédigé vers 1260, Hondarribia est citée comme théâtre d’une action de Charlemagne, antérieure ou simultanée à la bataille de Roncevaux :

132 Sopo Bernald del Carpyo que françeses passavan, que a Fuente Rrabya todos y arrybauan, por conqueryr Espanna segunt que ellos cuydavan, que ge la conquerryan mas non lo byen asmavan.
133 Ovo grandes poderes Bernaldo dayuntar, e dessi enbyo los al puerte de la mar; ovol'todas sus gentes el rrey casto a dar, non dexo a ese puerto el rrey Carlos ribar.
134 Mato y de frranceses rreyes e potestades, com diz la escrrytura syete fueron, sepades, muchos morieron y, esto byen lo creades, que nunca más tornaron a las sus vecindades.

Ce parallélisme Roncevaux-Fuentarribia est également observable dans Le Paradis Perdu de Milton (1667) :

585 Or whom from Biserta sent from Afric shore
586 when Charlemain with all his peerage fell
587 by Fontarabia.

Une légende mentionne les rois de Navarre chassant sur le mont Jaizkibel. Selon celle-ci, le roi Sancho II "Abarca" (970-994) aurait rencontré une jeune fille dont il loua la beauté en l’appelant guztiz ederra, et elle devint la mère d’un de ses fils. Le capitaine Martín de Juztiz obtint en 1613 qu’un roi d’armes délivrât une certification de descendance royale pour les membres du lignage de Juztiz, sur la base de l’équivalence supposée juztiz = guztiz. Le document fut accordé par Philippe III. La tradition attribue également à ce monarque l’édification du château antérieur aux murailles, bien qu’un des bastions de la muraille postérieure ait été nommé, jusqu’au XVIIIᵉ siècle, de Wamba.

Aucune des sources citées ne permet d’établir avec certitude le processus par lequel l’autorité de Rome se désagrège dans la région et est progressivement remplacée par celle de divers peuples barbares — Vandales astings, Hérules… — qui culminerait en 613 avec une occupation plus ou moins stable par les Wisigoths selon certaines chroniques, comme celle de Frédégaire le Scolastique datée du VIIIᵉ siècle. Cette circonstance ne semble cependant pas avoir empêché l’existence de communautés vasconnes indépendantes et d’une présence mérovingienne notable exercée depuis l’Aquitaine actuelle, sur le territoire où s’implantera la future Hondarribia.

Dans le domaine des attestations documentées, le nom Hundarribia apparaît déjà parmi les terres attribuées par le roi de Navarre aux habitants de Saint-Sébastien, dans un document que Banús situe entre 1153-1157 et 1169-1194.

Cette présence, désormais clairement documentée d’une communauté identifiable à l’Hondarribia actuelle, se confirme dans des documents produits au moment où le territoire guipuscoan passe entre les mains du roi de Castille en 1200, par le biais d’un processus complexe dans lequel — une fois de plus — la rareté des sources conduit à des spéculations. Dans ce cas, il est difficile de discerner entre le degré de force militaire employé par les Castillans pour annexer ce territoire — qui comprend déjà une communauté identifiée comme Hondarribia — et la possibilité qu’une partie substantielle de cette population — en particulier celle vivant dans les places fortes — décide d’abandonner sa loyauté au roi de Navarre en échange d’une série de conditions négociées, comme le soutiendra la doctrine forale en vigueur jusqu’au XIXᵉ siècle.

Une situation qui, dans le cas de Hondarribia, et contrairement à ce qui se passe dans le reste du territoire guipuscoan, oscillera tout au long de l’Époque moderne, période durant laquelle cette population sera réintégrée au royaume de Navarre soit de son propre gré, comme cela se produit à plusieurs reprises au XVIIᵉ siècle, soit à la suite de diverses contre-attaques navarraises, comme celle qui la transforme en place du roi de Navarre en 1521 et 1524.

En tout état de cause, le nom de Hondarribia apparaît après celui de Saint-Sébastien dans le décompte des lieux du royaume navarrais, conquis par le roi Alphonse VIII de Castille, selon le rapport de l’archevêque toledan Rodrigo Ximénez de Rada [(cfr. De Rebus Hispaniae, Lib. VII, Cap. XXXII, p. 172, édition de Madrid, 1793)]. Dans le texte latin original, il est écrit Fontem Rapidum et, selon le codex toledan du même texte, Fontem Rapitum, les deux à l’accusatif.

Il est octroyé par Alfonso VIII, avec son épouse Aliénor et son fils Fernando, le 18 avril 1203, soit trois ans après que le Guipúzcoa soit passé entre les mains de la couronne castillane. Gorosabel reproduit le texte latin dans son Diccionario Histórico de Guipúzcoa, texte dont ni l’original ni aucune copie ancienne ne se conservent aujourd’hui.

Le conseil de Hondarribia accédait au même statut que San Sebastián et se voyait attribuer les termes allant de la rivière Oyarzun jusqu’au Bidasoa, de la Peña de Aya jusqu’à la mer, de Lesaca et Belfa (Vera ?) jusqu’à la mer, ainsi qu’Irún avec tous ses habitants, et le port d’Astuniaga dont le roi percevait 500 maravedís. Il désigna Guillermo de Lazón et ses associés comme habitants et exempta les Hondarribiarras de tous péages dans tout le royaume.

« À ceux qui sont présents et à venir, sachez que moi, Aldefonsus, par la grâce de Dieu roi de Castille et de Tolède, avec mon épouse Aliénor et mon fils Ferdinand, je vous donne et concède, à vous, le conseil de Fuenterrabía présent et futur, le foro de Saint-Sébastien à tenir perpétuellement. Je vous donne également et concède les termes suivants : de la rivière Oyarzun jusqu’à la rivière de Fuenterrabía, et de la Peña de Aya jusqu’à la mer, et de Lesaca jusqu’à la mer, et de Belfa jusqu’à la mer, et le territoire d’Irún avec tous ses habitants. Je vous donne aussi Guillermo de Lazon et ses associés, pour qu’ils soient vos voisins. Je vous concède le port d’Astuniaga, afin qu’il soit toujours à vous, à la condition que chaque année vous en donniez pour ce port cinquante maravedís. Je commande fermement qu’aucun bétail ne soit envoyé paître dans vos territoires sans votre accord. Et si quelqu’un osait enfreindre ou diminuer cette charte, qu’il subisse la colère pleine et entière de Dieu Tout-Puissant, et paie à la partie royale quatre cents aureos à titre de caution, et restitue en double le dommage causé. Cette charte fut faite à Palencia le 18 avril de l’an 1203. Et moi, le roi Aldefonsus, régnant en Castille et Tolède, j’ai écrit, scellé et confirmé cette charte de ma propre main. »

Concernant l’étendue des territoires, Gorosabel commente :

« D’après le contexte du privilège du roi D. Alonso VIII, on constate que les termes juridictionnels accordés à Fuenterrabía d’ouest en est s’étendaient du canal de Pasajes jusqu’à la rivière Bidasoa. Ils comprenaient ainsi les territoires d’Irún, Lezo et Pasajes dans la partie orientale, c’est-à-dire le quartier de San Juan. Irún est explicitement mentionné dans le privilège, tout comme Lezo, désigné par Guillermo Lazon ; et ceux qu’il suppose associés ou voisins semblent être les habitants de Pasajes ou de ses environs. Quant aux limites du sud au nord — Peña de Aya, Lesaca et Belfa (probablement Vera) jusqu’à la mer —, on pourrait penser que la vallée d’Oyarzun devait également faire partie de la juridiction accordée à Hondarribia. Cependant, cela ne semble pas avoir été le cas ; à cette époque, cette vallée était indépendante de la ville. En preuve, aucun document ne montre qu’elle ait jamais été soumise à Hondarribia, contrairement aux trois autres lieux mentionnés. Ainsi, l’étendue que la charte accorde à Hondarribia depuis ces points jusqu’à la mer doit s’entendre hors du territoire de la vallée d’Oyarzun. »

La fortification et la repeuplement de Hondarribia répondent à des raisons de convenance pour la couronne castillane après la conquête de Guipúzcoa en 1200. Sancho le Fort conclut en 1201 un traité de paix et d’amitié avec Jean sans Terre et avec les bourgeois de Bayonne l’année suivante, ce qui lui permet de préparer la reconquête de cette partie de son royaume et, vis-à-vis de l’Angleterre, de contrer les prétentions héréditaires d’Alfonso VIII.

Une partie importante des habitants de Hondarribia se regroupe autour du château et de ses fortifications, attirée par les avantages de la charte royale. Une autre préfère cultiver la terre sur les pentes du Jaizkibel ou pêcher, cette dernière population s’installant dans les dunes de la Magdalena. Dès le Moyen Âge, les habitants de Hondarribia se consacrent à trois secteurs productifs principaux qui perdureront pendant toute l’Époque moderne : paysans, commerçants et pêcheurs. Ces derniers se distinguent particulièrement par leur savoir-faire en pêche et en exploitation de la baleine, l’un de ces cétacés figurant sur le sceau du conseil en 1295. Les animaux étaient repérés depuis une tour de guet par un gardien rémunéré par le conseil ou par la confrérie de Saint-Pierre, créée au XIVᵉ siècle. Avisés, les pêcheurs partaient pour capturer l’animal, qui était ensuite découpé sur la plage même.

Les hommes établis dans la ville se consacraient au commerce. Le nom de La Lonja, encore appliqué à une partie de l’urbanisation actuelle près du Bidasoa, témoigne de cette intense activité commerciale médiévale, qui s’atténuera quelque peu à l’époque moderne. À cette époque, près du Puntal, étaient perçus les droits de passage des marchandises sur le Bidasoa ou sur leur stockage dans le port, pour les marchandises entrant ou sortant vers ou depuis la Navarre. Les marchandises étaient très diverses : fer provenant de Bizkaia et Guipúzcoa pour les forges bidasotarras, produits manufacturés en fer, produits agricoles navarrais — huile, laine, céréales, bois, vin —, produits dérivés de la pêche à la baleine, poissons divers, etc. La ville disposait ainsi de deux ports : Asturiaga, refuge en cas de tempête, et le Puntal, à vocation essentiellement commerciale.

Malgré le transfert d’une couronne à l’autre, des liens économiques séculaires maintiennent Hondarribia dans une position cordiale vis-à-vis du royaume de Navarre, notamment en ce qui concerne les relations commerciales que la ville s’efforçait de maintenir ouvertes, au-delà du conflit frontalier quasi endémique entre les deux couronnes. Ainsi, profitant des trêves établies entre Castille et Navarre, le conseil de Hondarribia signa en 1245 un accord avec le roi Thibaut Ier par lequel il s’engageait à protéger les Navarrais et leurs biens :

« Nous, le prévôt, les jurés et tout le conseil de Fuenterrabía : faisons savoir à tous ceux qui verront ces lettres, que nous avons, de bonne foi, reçu en notre commanderie et en notre défense, pour le temps que durera la trêve des rois, les hommes et les femmes et tous les biens du royaume de Navarre, autant que notre pouvoir s’étend, eux payant dans notre ville les coutumes qu’ils doivent y payer. Nous ne devons recevoir dans notre ville, ni sous sa juridiction, aucun malfaiteur ni vol qu’ils y commettent, si ce n’est par ordre de notre seigneur le roi de Castille, ou de celui qui tiendra la ville pour honneur. »

La cathédrale de Pampelune possédait encore un certain nombre de bustalizas près de Hondarribia entre les XIIIᵉ et XVᵉ siècles. De même, l’église de San Miguel in Excelsis en possédait selon des documents datés de 1371 et 1374.

Ces liens étroits facilitèrent le retour transitoire de Hondarribia au sein de la couronne de Navarre le 1ᵉʳ janvier 1256. À l’issue d’une rencontre entre les rois de Castille et de Navarre à Vitoria, Alfonso X « le Sage » restitua à Thibaut II de Navarre (1253-1270) les villes de San Sebastián et Hondarribia avec tous leurs revenus terrestres et maritimes. La restitution s’effectua « de mi en amor en toda su vida », c’est-à-dire que la population appartenait à Thibaut pour toute sa vie, revenant ensuite au royaume de Castille.

La présence d’Alfonso en Guipúzcoa en 1280, lorsque Philippe « le Hardi » tenta de mettre le siège devant la ville, ses plans étant déjoués par le Hondarribiarra Machin de Arsu, corrobore que cette restitution fut effectivement réalisée.

Alphonse le Sage, par privilège délivré à San Sebastián le 28 décembre 1280, afin de favoriser une meilleure peuplement de Hondarribia, l’exempta de tout impôt et redevance à perpétuité, sauf pour la dîme de la mer. Son fils, le roi Sancho IV, délivra un autre privilège à Madrid le 1ᵉʳ décembre 1290, ordonnant que les marchands venant au port de Hondarribia, ou partant de celui-ci avec des marchandises pour la Navarre, circulent en sécurité et protégés, payant les droits habituels du temps de son grand-père et la dîme des marchandises qu’ils exportaient ou importaient, à l’exception de celles prohibées.

Cette claire vocation commerciale, cependant, ne protégea pas Hondarribia d’être impliquée dans les nombreux conflits qui secouaient le territoire voisin, à la croisée de l’Angleterre, de la Navarre et de Castille. Ainsi, en 1297, les villes importantes de la côte, de Hondarribia à San Vicente de la Barquera, se réunissent à Castro Urdiales afin de convenir de l’attitude à adopter face à la guerre déclenchée en 1293 entre les Bayonnais et les Normands, les premiers soutenus par les Anglais, les seconds par les Français et les Navarrais.

Malgré l’existence d’accords de paix partiels entre diverses populations des environs immédiats de Hondarribia — San Sebastián, Biarritz, Bayonne, Laredo… —, Hondarribia, avec le consentement du roi de Castille, sera utilisée, au moins comme base, pour les guerres qui se poursuivent entre la Navarre et d’autres puissances de l’époque. Ainsi en va-t-il de la campagne de Normandie, qui débute en juillet 1355 et a pour objectif de récupérer les biens patrimoniaux de la maison d’Évreux menacés par le roi de France. L’expédition, composée de 2 000 Navarrais, partit de Hondarribia, faisant escale à Bayonne, alors ville anglaise.

De 1356 à 1357, le roi navarrais, pièce importante de l’échiquier européen durant la Guerre de Cent Ans, reste prisonnier à Arleux et, après sa libération, devient maître de la situation. Mais à la mort d’Étienne Marcel, leader de la révolte populaire parisienne, son étoile décline. Et bien que de nouveaux navires partent de Hondarribia sous le commandement de Muñoz de Salt avec 334 Navarrais et Guipuzcoans, Charles II préférera conclure la paix en octobre 1360.

Cette aide fluide venant de Guipúzcoa était le résultat de la politique de rapprochement avec Castille initiée par le roi d’Évreux dès le début de son règne, politique qui se concrétisa dans la pacification de la frontière entre la Navarre et le Guipúzcoa, ainsi que dans les contrats de mercenariat souscrits par divers seigneurs guipuzcoans, tels que les Oñaz, Berastegui, Lazcano et d’autres, avec le roi navarrais.

En août 1365, Hondarribia conclut un traité commercial avec Charles II de Navarre, selon lequel celui-ci construirait dans son port de Monzón, à Andara (Lesaca), un entrepôt où les marchands navarrais pourraient décharger leurs marchandises pour les transporter vers la mer, et ferait également construire, près de ce port, un pont pour le passage des personnes, des bêtes et des marchandises. Le roi s’engageait à entretenir les routes dans son royaume jusqu’à cet entrepôt et ce pont, et le conseil de Hondarribia, à créer à ses frais, depuis cet entrepôt et ce pont, un chemin praticable par terre et par eau, « démolissant les obstacles, nettoyant et élargissant le fleuve et les chemins, de sorte qu’un navire de quarante charges puisse remonter par l’eau jusqu’au port, et que les marchandises puissent circuler en sécurité par terre et par eau jusqu’à ladite ville ou jusqu’aux grands navires, les marchands payant aux marins, barques et muletiers leur salaire ».

Les marchands effectuant ce trajet étaient exempts de tout autre droit, payant pour chaque charge six cornados ou six deniers carlins, sans que de nouvelles taxes, péages ou impôts leur soient imposés, sauf s’ils achetaient ou vendaient en Castille des produits prohibés soumis à la dîme. Les marchands transportant du vin de Navarre par ce port pouvaient le charger et le transporter sur des navires où bon leur semblait ou le vendre à Hondarribia, sous leur juridiction, en vrac, en fûts ou en tonneaux, « non vendant en taverne ni en détail », en payant les six deniers. Pour chaque quintal de fer chargé au port, ils devaient payer 4 maravedís.

Pedro I.aren eta Enrike Trastamarakoren arteko gerra zibilaren ondorioz Nafarroako Karlos II.a “Gaiztoak” Gaztelak konkistatutako Nafarroako erresumako lur gehienak berreskuratu ahal izan zituen. Pedro I.ak hitz eman zuen Livornon, 1366ko irailaren 23an, plaza batzuk itzuliko zirela, besteak beste, Hondarribia. Hori dela eta, Enrique Trastamarakok Santikurutze Kanpezun, 1367ko urtarrilean, nafarraren eskaintza horri aurre egiteko, eskaintza bera egin zuen. Hurrengo urtean, Karlosek agindutakoa lortu zuen. Baina 1373an, Aita Santuaren ebazpenak Araba eta Errioxa uztera behartu zuen  errege nafarra, eta Gaztelaren aurkako ondoko gerran, gainerakoak.

Tant Henri II, que les Rois Catholiques et Jeanne Ier de Castille accordèrent de nouveaux privilèges et exemptions aux navires et marchands de Hondarribia, dans le but d’attirer des entrepreneurs capables de peupler une communauté par ailleurs soumise à des tensions quasi constantes en raison de sa situation frontalière entre puissances rivales telles que la Navarre, la Castille, la France ou l’Angleterre.

Ainsi, par exemple, un document signé par Henri II à Tolède le 12 décembre 1374 ordonnait que les dix maravedís annuels destinés à Hondarribia pour l’entretien de ses murailles soient prélevés sur les droits des forges et la dîme de la mer. Les Rois Catholiques donnèrent un autre ordre similaire à Medina del Campo le 21 mars 1489, stipulant que les habitants, résidents et natifs de Hondarribia, ainsi que leurs navires, fustas et embarcations, ne devaient voir aucun de leurs approvisionnements saisis ou empêchés, malgré tout privilège contraire.

Le roi Ferdinand le Catholique délivra un autre privilège à Saragosse le 18 juillet 1498, ordonnant que Hondarribia reçoive chaque année, tant que sa volonté le serait, 250 florins d’or pour l’entretien des voiles de la ville et la garde des portes. On connaît également un autre privilège du même roi, daté de 1516, par lequel Hondarribia recevait la grâce de 112 000 maravedís sur les alcabalas pour les services rendus par les Guipuzcoans lors de la bataille de Belate en 1512.

Hondarribia possède également un privilège octroyé par la reine Jeanne à Valladolid le 18 mars 1527, afin qu’aucun navire ne soit préféré pour le chargement à ceux de cette localité, même si ceux-ci sont plus grands. Un autre du même jour, le 22 mars 1527, ordonne que les navires de Hondarribia soient exempts de droit d’ancrage, de prévôt, d’amirauté et de tous droits royaux dans tous les ports du royaume.

La prospérité de Hondarribia en tant que centre commercial et urbain à la fin du Bas Moyen Âge se manifeste clairement, comme l’avait justement souligné Gorosabel, dans les noms de certaines de ses rues telles que Platería, Obispo, Reina, Florencia, Ubilla, Gamboa, Tristán, Laborda, et d’autres, qui témoignent de la présence de guildes travaillant dans des industries de luxe — comme les orfèvres — ou de personnages et clans nobles illustres ayant choisi ces lieux comme résidence.

Un autre élément confirmant l’importance de Hondarribia à cette époque est la présence, aux Cortes que le roi Henri III de Castille tint à Madrid en janvier 1391, d’un procureur représentant Hondarribia, Esteban de Aluda. Cela est consigné dans le registre de ces mêmes Cortes publié par la Real Academia de la Historia.

Mugako izaerak eta lehen mailako merkataritza-plaza izateak, bestalde, erraztu egin zuen Hondarribia garai hartako erromes-ibilbide nagusietako batean sartzea: Donejakuearena, alegia. Erromarakoarekin batera, Kristandaderen bi santutegi nagusietako bat. Santiago ermita XV. mendearen hasierako dokumentazioan aipatzen da. Bertan, arduraduna erromes jantzita egoten zen. Hondarribian, halaber, erromesek San Bartolome eta Santa Magdalena ospitaleak zituzten, Grazia eta Santiago baselizetara igotzen ziren eta Lezorako bidean jarraitzen zuten Jaizubiatik.

Contrairement à ce qui se passe dans la majeure partie du territoire guipuzcoan, ces années seront peu conflictuelles pour Hondarribia. Les événements catastrophiques, qu’ils soient fortuits ou délibérés, qui touchent la région à une époque où la Guipúzcoa, comme la majeure partie de l’Europe, subit les conséquences des guerres entre factions nobles — York et Lancaster, Giles et Negretes, Armagnacs et Bourguignons… — se réduisent à deux incendies. En 1462, Hondarribia connaît un incendie partiel, et en 1498 un incendie général qui ne laisse que neuf maisons debout. Cependant, la population se remettra de cette catastrophe et restera tout au long de l’époque moderne un centre urbain et commercial prospère, malgré de nouveaux épisodes destructeurs principalement liés aux différents sièges subis entre 1476 et 1876. Ce n’est que l’arrivée du chemin de fer et l’ouverture de nouvelles voies de communication — principalement la route générale, dont la ville reste écartée — qui réduiront son importance historique, la ramenant presque au statut d’un petit village de pêcheurs. Cette situation ne durera que jusqu’à ce qu’elle retrouve une grande partie de son dynamisme perdu au cours du XXe siècle, principalement grâce au développement de nouvelles industries — comme le tourisme — et à l’ouverture de nouvelles voies de communication, telles que l’aéroport la reliant directement à Madrid et Barcelone depuis le milieu du XXe siècle.

À ces incendies s’ajoute le siège de 1476, qui se prolongea jusqu’en 1477. Cette année-là, Alain d’Albret « le Grand » pénètre en Guipúzcoa avec 40 000 hommes, alors qu’Isabelle de Castille et Ferdinand d’Aragon sont engagés dans la lutte pour enlever le trône à l’héritière, Jeanne, soutenue par le Portugal allié à la France de Louis XI. Tous les chevaliers de Biscaye, Álava et Guipúzcoa participent à l’épisode, Juan de Gamboa étant nommé gouverneur de la place assiégée. Alain d’Albret doit se retirer, bien qu’il tente à nouveau sa chance l’année suivante, avec le même résultat. La ville est alors presque imprenable.

Selon Garibay : « La villa est sur une hauteur et entourée d’une haute muraille. Les eaux de la rivière l’entourent en grande partie et montent à marée haute jusqu’au milieu de cette muraille. Du côté de la terre, elle est fortement pourvue de tours. C’est un lieu escarpé où les chevaux peuvent à peine circuler. » Violet-le-Duc la décrit également, mais de manière plus détaillée dans la Chronique de Hernando del Pulgar (partie 2, chap. XXXVII), relatant le siège de 1476 : les habitants « décidèrent de se défendre depuis la base des murs, à partir des bastions et des fossés existants ; pour cela, ils abattirent le sommet des tours et les créneaux, afin que si l’artillerie française tirait sur le mur et le détruisait, les pierres tombant ne blessent ni n’entravent ceux qui défendaient la ville autour d’elle. »

Selon un inventaire daté du 15 mai 1508, les matériaux de guerre stockés dans le château étaient : 27 pièces d’artillerie majeure ; pièces volantes et lombardes avec deux servants chacune ; trois pièces dites lombardetas ; 14 lisardetas ; 6 arbalètes à corbeaux ; 28 ribaduquines ; 5 arquebuses ; 3 barils de balles de fer ; 56 barils de poudre ; 2 sacs de salpêtre ; un tonneau rempli de soufre ; 133 arbalètes ; 46 poulies en fer ; 19 caisses de stockage ; 375 faisceaux ; 50 paires de cuirasses ; 102 casques avec protège-nuque ; 34 faisceaux de lances usées et 77 lances lourdes.

Les alcaides qui prirent en charge cette place de 1491 à 1524, selon la liste de J. de Altadill, sont les suivants :

  • 1491 : D. Juan de Gamboa, décédé en fonction le 13 février 1496
  • 1496 : le capitaine D. Diego de Ayala, décédé le 2 mars de la même année
  • 1496 : le capitaine D. Hurtado de Luna, à partir du 12 juillet
  • 1506 : D. Carlos Enríquez de Cisneros, à partir du 24 août 1506
  • 1506 : simultanément avec le précédent, D. Pedro Ruiz de Ibarra, à partir du 29 mars
  • 1511 : D. Diego de Vera, capitaine d’Artillerie, à partir du 30 octobre
  • 1519 : son fils, D. Fernando de Vera, jusqu’au 17 juillet 1519
  • 1524 : D. Sancho Martínez de Leiva, à partir du 30 mars jusqu’à son décès le 30 mars 1542

À la défense de la ville elle-même s’ajoute, à partir de 1598, la présence du château de San Telmo à l’embouchure du Bidasoa. Construit sur ordre royal explicite, il était destiné, comme l’indique l’inscription sur son linteau, à combattre les incursions de corsaires étrangers dans les eaux de la commune, qualifiés dans cette inscription simplement de « pirates ». Cet adjectif a remplacé au fil du temps la désignation originale du château, qui est ainsi communément connu sous le nom de château des pirates.

Relations commerciales et projet de canalisation avec Navarre après 1512

L’annexion de la Navarre péninsulaire à la Couronne de Castille en 1512 réduisit considérablement les conflits entourant Hondarribia au cours des siècles médiévaux. Un exemple de cette nouvelle situation est le renforcement des liens commerciaux avec la Navarre. Ainsi, dix ans après l’incorporation à la Castille, les habitants de Hondarribia sollicitèrent les Cortes de Navarre pour étudier la possibilité de canaliser le Bidasoa afin de faciliter le commerce extérieur navarrais.

La Navarre répondit en déposant mille ducats d’or pour aider aux travaux, fonds qui furent mis aux enchères à deux reprises sans résultat pratique. Selon Ciriquian, Tolosa et San Sebastián protestèrent, estimant que la canalisation porterait atteinte aux droits de transit de la première et aux intérêts portuaires de la seconde. Néanmoins, les négociations entre Hondarribia et la Navarre se poursuivirent.

Le vice-roi de Navarre visita le fleuve, confia la rédaction du projet de canalisation au maestre Gil, de Gallur, et Hondarribia laissa à Pampelune, en garantie de ses engagements, un socle de croix pesant plus de 11 kg et lui appartenant. Le projet n’aboutit pas, bien qu’il ait été renouvelé sous une forme ou une autre en 1569, 1597 ou 1638, toujours sans résultat, et la question continua d’être soulevée jusqu’au XIXe siècle. L’occupation napoléonienne, qui remit Hondarribia sous le contrôle complet de la Navarre, fit renaître, par la main de certains afrancesados locaux, l’idée de relier Hondarribia à Pampelune par un canal.

Disputes avec la province (XVI-XVIIe siècles)

Cet esprit d’indépendance, qui poussait la ville à établir des liens plus solides avec son royaume d’origine – la Navarre – qu’avec le reste de la province, déclencha de nombreux conflits entre Hondarribia et le reste du Guipuzcoa. Ceux-ci eurent lieu tout au long des XVIe et XVIIe siècles, atteignant peut-être leur point culminant, comme le détaille Gorosabel :

« Depuis très longtemps, Hondarribia revendiquait que, dans le lieu appelé Puntal, proche de la ville, il y ait une gabare pour le passage des personnes vers la France, soutenant en outre que ses alcaldes ordinaires étaient compétents pour délivrer les licences, c’est-à-dire les passeports pour les marchandises exportées vers ce royaume. En un mot, il s’agissait d’annuler la concession que les Rois Catholiques avaient faite à la province de l’alcaldía de sacas, que celle-ci possédait depuis longtemps. Hondarribia fondait son argument sur le fait que le passage de Beobia était sous sa juridiction, et ajoutait que dans le passé, ses alcaldes se chargeaient exclusivement de la contrebande à la frontière. Elle déduisait que la grâce de l’alcaldía de sacas accordée à la province ne pouvait porter atteinte à ses droits existants, ou, ce qui revient au même, qu’elle devait s’entendre sans préjudice des tiers concernés.

La province rejeta toujours ces prétentions et maintint fermement la juridiction exclusive de son alcalde de sacas sur ledit passage. Suite à ce désaccord, l’ancienne villa de Fuenterrabia porta plainte contre la province devant le Conseil de Castille vers 1560 ; la province, irritée par ce comportement, priva Fuenterrabia de la chance de bénéficier de l’alcaldía de sacas, dont elle refusait de reconnaître la juridiction. Cette situation perdura jusqu’en 1621, lorsque la ville proposa un compromis. Une concorde fut alors signée le 2 mai de la même année : Fuenterrabia renonçait à ses prétentions et procès, reconnaissant la juridiction exclusive de l’alcalde de sacas sur tout le passage de Beobia. En considération de cette soumission et du fait que Fuenterrabia avait été exclue de cette alcaldía pendant plus de soixante ans, la province lui accorda deux tours extraordinaires.

Cependant, malgré cette transaction solennelle, la ville renouvela à plusieurs reprises ses anciennes prétentions. Ainsi, en 1675, ses alcaldes insistèrent pour que leurs habitants ne soient pas enregistrés par les gardes de l’alcaldía de sacas lors du passage vers la France, prétendant délivrer eux-mêmes les passeports des marchandises exportées vers ce royaume. À d’autres occasions, ils souhaitaient que la gabare du passage soit située à Puntal, près de la ville. Ses alcaldes tentèrent également de s’approprier le traitement des plaintes pour contrebande faites par eux-mêmes, leurs dépendants ou voisins. Mais la province rejeta toujours vigoureusement ces demandes inédites, maintenant la juridiction exclusive de son alcalde de sacas. Voilà la cause de nouveaux et longs procès devant le Conseil de Castille. Le résultat fut qu’en 1713, ce tribunal suprême déclara que la juridiction de l’alcalde de sacas était cumulative et préventive avec celle des alcaldes ordinaires de Hondarribia sur son territoire. »

La localité de Hondarribia fut impliquée dans un célèbre procès de sorcellerie en 1611. Sous l’accusation de s’adonner à des activités sorcières, formulée par des enfants, plusieurs prétendues sorcières furent arrêtées. Il s’agissait de : María de Garro, Inesa de Gaxen, María de Illarra et María de Echagaray. Leurs biens furent saisis et on écrivit à l’inquisiteur Salazar. Quarante et une personnes furent entendues comme témoins pendant ces événements, contemporains de ceux qui aboutirent, en 1610, à l’Auto de Foi de Logroño ; une seule avoua connaître l’existence d’un conventicule de sorcières ou akelarre dans le lieu. Toutes les femmes accusées finirent par déclarer qu’elles étaient sorcières, sauf l’indomptable Inesa de Gaxen qui, malgré toutes les pressions et mauvais traitements reçus, nia jusqu’au bout. Quelques mois plus tard, l’Inquisition les grâcia toutes, leur restitua leurs biens, mais une peine d’exil à exécuter par les autorités civiles d’Hondarribia restait en suspens. Le groupe théâtral « Intxixu » d’Oiartzun, dirigé par Eugenio Arocena, monta au printemps-été 1980 la pièce libre Inexa, inspirée de ces événements mais orientant l’action et le scénario vers une interprétation féministe de la répression de cette hérésie au Pays basque.

Le procès de 1611, ainsi que d’autres cas ultérieurs ayant également eu lieu à Hondarribia — notamment en 1636 — constituent un exemple précieux d’une attitude pratiquement unique en Europe à l’époque : le refus, tant de la part des autorités religieuses que civiles, de croire en l’existence de sorcières. Une perspective qui, dans le reste du continent, devra attendre un siècle pour être communément acceptée.

Après la période basse-médiévale marquée par les guerres de factions, Hondarribia se constitue en seigneurie sur un vaste territoire. Ce statut de seigneurie collective, courant dans l’Europe de l’époque, donnera lieu à de longues et constantes disputes juridictionnelles avec les populations soumises à son autorité. Les principales concernaient Irún, au sujet du chargement et déchargement des marchandises, de la démolition de maisons construites, des funérailles de personnes royales, de l’imposition de taxes, de la livraison de répartiments, des services militaires, de la reconnaissance des poids et mesures, et, plus généralement, de tout aspect affirmant l’exemption de la juridiction seigneuriale de Hondarribia. Les habitants de ce même village ainsi que ceux de Lezo et de Pasajes de San Juan eurent d’autres différends avec Hondarribia concernant les services militaires de leurs voisins lors des occasions suivantes, selon le récit de Gorosabel :

« Ils surgirent de nouveau en 1615 à l’occasion des livraisons de l’infante D.ª Ana et de la princesse D.ª Isabel, et des installations que les Français voulaient établir sur une île du fleuve ; mais celles qui eurent lieu en 1617 furent encore plus graves. Deux malfaiteurs, tentant de passer en France, embarquèrent sur une gabare dans la partie de Fuenterrabía ; les alcaldes de cette ville, informés, ordonnèrent au prévôt avec six compagnons d’aller les arrêter dans une chaloupe. Arrivés à Endaya, ils furent attaqués par les habitants de ce village, capturés et maltraités, et la chaloupe fut brûlée. Les habitants de Fuenterrabía prirent cinq otages d’Endaya et brûlèrent cinq gabarres de ce village. Ces premiers incidents entraînèrent des représailles mutuelles, comme la saisie de navires français dans le port de Pasajes et l’emprisonnement de plusieurs habitants de Fuenterrabía par le gouverneur militaire de Bayonne. Pendant ce temps, les Français installèrent sur une des îles du fleuve Bidasoa un grand mât comme signe de possession. Les alcaldes de Fuenterrabía, avec cent habitants armés, arrachèrent ce mât et le brûlèrent devant Endaya. Tous ces événements furent portés à la connaissance des gouvernements espagnol et français, dont l’intervention permit de résoudre le conflit avec la restitution des prisonniers et des navires. Après le décès du roi Philippe III en 1621, la province décréta que toutes les villes célèbrent ses funérailles avec la plus grande solennité, et que le lendemain, les étendards soient levés pour la majesté de Philippe IV. Conformément à cette décision, Fuenterrabía fixa les jours pour les deux cérémonies et ordonna aux habitants d’Irún, Lezo et Pasajes de se rendre à la ville armés et en deuil. Ces trois villages refusèrent cette obligation, la considérant offensante pour leur statut civil. Ils envoyèrent donc leurs régisseurs, Cristóbal de Zumarrista et Vicente de la Torre, pour expliquer leurs raisons à Hondarribia. Les conseillers de la ville ne furent pas satisfaits et les emprisonnèrent. Bien que le corregidor provincial ordonna leur libération immédiate, sans préjudice du résultat du procès, son ordre ne fut pas respecté. Après vingt-trois jours de détention, l’affaire se termina par un acte de concorde le 14 juin de la même année. Dans cet acte, Lezo et Pasajes promirent d’assister à Fuenterrabía lors de telles occasions et autres services de Sa Majesté, comme ils l’avaient fait auparavant. Fuenterrabía, pour sa part, classa l’affaire criminelle. »

Cependant, malgré de tels accords ponctuels, les tensions entre ces trois communautés et le conseil de Hondarribia se poursuivirent, parfois avec de véritables rébellions armées, comme celles menées par les habitants d’Irún en 1667 et 1669. Ces désaccords et l’insistance constante des communautés affectées par la seigneurie de Hondarribia conduisirent progressivement à sa dislocation, lorsque, entre la fin du XVIIIe et le milieu du XIXe siècle, Pasajes et Irún en premier lieu, puis Lezo, furent indépendants du domaine seigneurial de Hondarribia.

Si le siège de 1476 doit être replacé dans le contexte des luttes entre les couronnes d’Espagne et de France pour la suprématie en Europe, celui qui assiégea Hondarribia pendant deux mois de l’été 1638 suit le même schéma géostratégique, mais à une échelle beaucoup plus vaste : celle de la guerre dite de Trente Ans, qui impliquait pratiquement toutes les puissances européennes, alignées respectivement du côté catholique et du côté protestant. En 1636, des troupes espagnoles, renforcées par les milices provinciales du Guipuscoa, envahissent le Labourd. En 1638, ce sont les troupes françaises qui pénètrent en Guipuscoa.

La place forte de Hondarribia fut assiégée en bonne et due forme du début juillet au début septembre de cette année par une importante armée française commandée par le prince de Condé, tandis qu’à la même époque l’archevêque de Bordeaux bloquait la ville par la mer avec une grande escadre dont le navire amiral était le prestigieux vaisseau La Couronne, presque tout juste construit mais, malgré sa présence spectaculaire dans la baie de Txingudi, totalement inefficace d’un point de vue militaire. Comme les autres navires sous le commandement de l’archevêque Sourdis, il ne put enregistrer qu’une victoire partielle le 22 août 1638 sur la flotte de secours dirigée par Lope de Hoces, coincée à Getaria et détruite – à l’exception d’un seul navire – grâce à l’utilisation efficace de brûlots incendiaires.

Cependant, l’opération ne fut pas entièrement couronnée de succès, car la tentative de débarquement à Getaria fut repoussée par les milices de plusieurs villes – notamment Getaria elle-même et Zarautz – concentrées en ce point pour empêcher que cette autre forteresse du Guipuscoa, et surtout son magnifique port naturel, tombe entre les mains des Français.

Le siège de Hondarribia commença le 1er juillet et dura soixante-neuf jours consécutifs. La garnison était composée de soldats irlandais, d’habitants de la ville et de troupes des villes de Tolosa et Azpeitia, qui, sur ordre de la province, entrèrent dans la forteresse pour sa défense, totalisant 700 hommes sous le commandement de Domingo de Eguía, originaire de Bilbao, et des deux maires élus de Hondarribia pour 1638, Don Pedro Saez de Izquierdo et le capitaine Diego de Butrón, spécialiste des tactiques de minage et de contre-minage, fondamentales pour la défense d’une place assiégée d’une telle envergure.

Les épreuves de ce long et acharné siège furent considérables. L’ennemi ouvrit deux brèches dans les murailles, assez larges pour y passer à cheval, fit exploser sept mines et lança neuf assauts, tous repoussés. Ses bombardements détruisirent de nombreuses maisons de la ville. Malgré tout cela et la rareté des vivres, la place résista courageusement jusqu’au 7 septembre, date à laquelle elle fut secourue par l’armée espagnole commandée par Juan Alonso Henríquez de Cabrera, amiral de Castille, qui, après une progression difficile depuis le port de Pasajes repris aux Français, marcha par Jaizkibel dans des conditions extrêmes contre les troupes françaises cantonnées dans des campements fortifiés autour de l’ermitage de la Vierge de Guadalupe.

Une fois les premières défenses françaises percées par l’avant-garde espagnole, la panique s’empara des troupes françaises, les obligeant à fuir vers Hendaye. Les Français sous Louis XIII, à quelques exceptions près, se retirèrent en désordre jusqu’au Bidasoa. Leurs pertes furent estimées à 1 500 morts, 2 000 prisonniers et 2 000 autres noyés en traversant le bras de mer séparant Hondarribia de Hendaye.

Les Espagnols s’emparèrent d’un riche butin : argent, bijoux, vêtements, documents de grande importance pour les officiers supérieurs de l’armée du siège, toutes sortes de fournitures, 20 pièces d’artillerie avec leurs munitions et 54 drapeaux. Un passage célèbre d’une lettre que Domingo de Eguía envoya à sa femme après l’événement résumait la fin du siège : « Amie : Comme tu ne connais pas la guerre, je te dirai que l’armée ennemie s’est divisée en quatre parties : l’une a fui, l’autre nous l’avons tuée, l’autre nous l’avons prise, et l’autre s’est noyée. Adieu, je vais dîner à Fuenterrabia. »

Au-delà des connaissances militaires de l’épouse de Domingo de Eguía, Henao et Soraluce racontent le courage d’une centaine de femmes armées parmi les assiégés, qui se portèrent volontaires pour occuper des postes de combat sur les remparts (Soraluce : Historia General de Guipúzcoa, Vitoria, 1870, t. II, Livre IV). Gorosabel rapporte que Philippe IV, très satisfait de ce succès heureux, envoya une lettre à Hondarribia le 15 septembre 1638, exprimant son appréciation royale, offrant de reconstruire les maisons détruites et d’accorder d’autres faveurs à Hondarribia, y compris la concession du titre de ville.

  1. Que la forteresse soit réparée, avec la construction de nouvelles œuvres.

  2. Que les dommages subis pendant le siège soient payés par le trésor royal, après évaluation appropriée.

  3. Que la ville se voie attribuer le revenu de quatre mille ducats en remplacement de celui produit auparavant par la halle et le moulin.

  4. Que, suivant l’exemple des rois ancêtres de Philippe IV, tous les natifs et habitants de la ville ayant participé au siège, ainsi que leurs descendants, reçoivent les mêmes privilèges accordés à la ville de Valderas et à Antona García, résidente de Toro.

  5. Que les privilèges et exemptions accordés aux enfants hidalgos par le sang soient préservés pour les natifs de Hondarribia hors de la province, sans autre preuve que celle d’être natifs originaires.

  6. Qu’une cédula royale soit émise afin que les marchandises transportées de Navarre et d’Aragon via Saint-Sébastien et Bilbao passent spécifiquement par le port de Hondarribia.

  7. Que le passage vers la France soit établi au cap de la ville, avec la direction principale des postes également résidant dans celle-ci.

  8. Que les voisins et natifs de Hondarribia jouissent de la nationalité espagnole dans tous les royaumes, avec une cédula à cet effet, et qu’ils aient le premier siège et vote dans les assemblées provinciales.

  9. Que soit émise une cédula confirmant tous leurs fueros, privilèges, exemptions et coutumes.

  10. Que soit émise une cédula pour conserver les jugements déjà obtenus concernant les villes d’Irún, Lezo, Pasajes, le quartier de Jaizubia et d’autres villages.

  11. Que toutes les licences pour introduire des marchandises de contrebande dans le royaume soient strictement autorisées à passer par la barre et le port de cette ville.

  12. Que toutes les amendes perçues dans la ville soient conservées par celle-ci.

  13. Que la ville soit autorisée à nommer chaque année deux députés avec voix et vote au conseil municipal, choisis parmi ceux ayant été maires ou adjoints au maire.

  14. Que tous les postes municipaux — notaires, conseillers, procureurs et autres fonctions nécessaires — appartiennent à la ville.

  15. Que toutes les affaires civiles et criminelles entre habitants de Hondarribia soient jugées devant les maires de la ville, sauf appel auprès du corregidor ou de la chancellerie royale.

  16. Que les exemptions des habitants de la ville soient maintenues, tant en matière de préférence pour le chargement des navires de ce royaume que pour la liberté de navigation dans ses ports.

  17. Que le privilège de préférence pour le chargement des navires étrangers soit également préservé.

  18. Que la comptabilité du trésor royal concernant cette place soit effectuée à Hondarribia, comme auparavant.

  19. Que, sauf droit d’un tiers qui l’empêcherait, la ville obtienne juridiction sur le canal et le port de Pasajes, en examinant les titres détenus par Saint-Sébastien et Rentería sur cette juridiction.

  20. Que les officiers supérieurs chargés de la solde militaire résident à Hondarribia, comme autrefois.

  21. Que deux marchés hebdomadaires soient établis dans la ville, et que la foire libre tenue à Irun en septembre soit transférée dans celle-ci.

  22. Que tous les rentes détenues par ses natifs et habitants, ainsi que les fondations pieuses, soient payées intégralement, sans réduction.

  23. Que soit émise une cédula déclarant la ville très vaillante, que la misère de ses habitants soit soulagée, que chacun reçoive les quinze ducats offerts, et que les vivres fournis pendant le siège soient payés.

Le roi accorda finalement ces demandes de manière quelque peu générale. Il émit une cédula royale confirmant le titre de « ville très vaillante », déjà accordé auparavant ; il concéda également à Hondarribia le patronage de l’église paroissiale de la ville d’Elgoibar, avec les fruits des dîmes. Les habitants ayant été officiers pendant le siège reçurent des grades militaires sans autre service, et les filles de la ville bénéficièrent également de la priorité dans les œuvres pieuses établies par le roi. Philippe IV permit également à la ville de bénéficier des amendes perçues pendant quarante ans pour financer la reconstruction de ses murailles. Enfin, il accorda que la barque du passage de Behobia soit déplacée dans la ville et donna la commission compétente pour l’évaluation et la compensation des dommages subis par les habitants pendant le siège. Les autres demandes ne furent pas prises en considération.

Les sièges de Hondarribia, et en particulier celui de 1638, furent fréquemment évoqués dans la littérature du Siècle d’Or espagnol, tels que La Arcadia, Los ramilletes de Madrid, Juan de Dios et Antón Martín de Lope de Vega ; La sombra de Mos de la Forza de Quevedo ; et No hay cosa como callar de Calderón, entre autres.

 

La prééminence accordée à Hondarribia par les faveurs obtenues à la suite du siège de 1638 approfondit encore davantage les différences qui limitaient son intégration dans la structure provinciale du Guipuscoa, mise en place depuis le XIIIe siècle. Ainsi, pendant quinze ans, Hondarribia cessa d’assister aux Juntas générales du Guipuscoa et chercha à se rattacher à la Navarre. Gorosabel relate cet incident, qui met en évidence, une fois de plus, la plus grande commodité géographique et économique que le royaume de Navarre représentait pour Hondarribia, dont elle avait été détachée en 1200 :

"À peine eut-elle obtenu le titre de ville en 1638 qu’elle cessa de participer aux Juntas générales et particulières de la province, invoquant divers prétextes ; mais la véritable cause de son écart fut rapidement découverte. En effet, elle prétendait que ses représentants occupent le premier siège aux Juntas, votant également en premier ; et que dans les convocations, le nom de 'ville' précède celui des villages. En un mot, elle voulait s’imposer dans l’exercice des prérogatives sur toutes les autres villes, au détriment de celles plus avancées par leur importance et, par conséquent, plus élevées dans la hiérarchie provinciale. Comme la province ne céda pas à de telles exigences irrégulières, Fuenterrabía préféra ne plus assister aux Juntas plutôt que de prendre un siège inférieur, qui dans son orgueil paraissait inférieur à son nouveau statut.

La défense de Fuenterribia fut assurée non seulement par ses propres habitants, mais en union avec les troupes et tercios d’autres villes, qui y entrèrent par ordre de la province, comme le démontre l’histoire de son siège. S’il était juste de lui accorder le titre honorifique de ville très vaillante pour perpétuer la résistance héroïque de cette place lors de cette occasion, et de récompenser ses habitants qui s’y étaient distingués, il n’était certainement pas juste que les gloires des autres Guipuzcoans soient éclipsées. Il n’était pas non plus régulier qu’ils restent en arrière dans leurs honneurs après avoir versé leur sang et fait tant de sacrifices pour le salut de cette ville, qui semblaient ensuite être oubliés. La province le comprit, exprimant son désaccord face à un tel comportement ; à cela s’ajouta la nouvelle que Fuenterrabía cherchait à s’incorporer au royaume de Navarre, se séparant du Guipuscoa."

Selon un rapport présenté aux Cortes de Navarre en octobre 1795, publié par Florencio Idoate dans Rincones de la Historia de Navarra (II), ces démarches consistaient en :

"Un port propre pour favoriser le commerce intérieur et extérieur de Navarre a toujours été parmi les intérêts les plus importants de ses Cortes générales au cours de ce siècle et du précédent. Lors de celles tenues en 1644, il fut convenu entre notre Congrès national et le conseil séculier de Fuenterrabía, ville du roi D. Sancho, de rétablir le commerce absolu, réciproque et libre entre la Navarre et cette ville, commerce qui avait existé depuis des temps immémoriaux jusqu’à ce qu’il soit entravé en 1521 par la sanglante guerre entre Charles Quint et François Ier de France, lorsque les Français s’emparèrent de Fuenterrabía et du château et de la ville de Pampelune, détournant le commerce de Fuenterrabía vers Bayonne, Saint-Jean-de-Luz et Ciboure.

Lors de ces conférences, les avantages et inconvénients de la restauration de ce commerce furent exposés, mettant en évidence l’empressement de Fuenterrabía pour le commerce mutuel avec la Navarre et le désir de rendre navigable le Bidasoa à cet effet. Les Cortes avaient déjà pris des précautions : en 1642, il avait été convenu d’accorder des lettres de faveur à la ville de Rentería pour ses revendications portuaires, dans l’intérêt du royaume, et que toutes les démarches nécessaires soient effectuées auprès du roi, de son vice-roi et des autres autorités pour inclure la zone portuaire de Pasajes-Rentería dans ce royaume. La Députation devait présenter et demander cela à Sa Majesté, en précisant qu’il ne s’agissait que de l’inclusion de la Navarre dans cette juridiction, sans traiter d’autres intérêts ni prendre parti pour les villes en litige. Le projet n’alla pas au-delà de la discussion lors des Cortes de 1642 et 1644, bien qu’il ait été renvoyé pour un examen ultérieur par la Députation, et la Junta ne semble pas l’avoir repris avant les Cortes de 1702."

Face au refus de Hondarribia de se réintégrer au Guipuscoa, les Juntas guipuzcoanes décidèrent officiellement de séparer la ville. Gorosabel rapporte :

"La décision de cette grave résolution, rédigée en termes sévères, fut prise lors des Juntas générales tenues dans la ville de Tolosa vers avril 1651, ordonnant qu’il n’en soit plus parlé. Dès lors, Fuenterrabía fut considérée comme une ville étrangère à la province dans toutes ses anciennes relations, et à sa place fut admise la représentation de l’Université d’Irun, qui n’avait pas participé à cette scission. Lorsque les Juntas générales se réunirent dans la ville d’Elgoibar vers mai 1653, Fuenterrabía y prêta son obéissance et sa soumission à la province, renonçant formellement à ses revendications antérieures ; et après quinze années de séparation, elle retrouva la confrérie du Guipuscoa avec le même siège qu’elle occupait auparavant dans les Juntas provinciales."

Hondarribia, comme cela s’était produit à d’autres occasions, servit, en raison de sa situation frontalière, de scène à la fois pour les guerres et pour les cérémonies de paix qui se déroulèrent tout au long des XVIe et XVIIe siècles entre les Habsbourg espagnols et les Bourbons.

Le point culminant de ce rôle de scène privilégiée pour les rencontres diplomatiques entre les deux dynasties fut atteint à l’été 1659, lorsque Don Lope de Haro et le cardinal Mazarin discutèrent des conditions selon lesquelles les deux royaumes, épuisés après près de quatre-vingts ans de guerre, cherchaient à conclure une paix qui serait scellée par le mariage de la fille de Philippe IV avec Louis XIV.

Ces négociations visaient non seulement à établir la paix entre les deux couronnes, mais également à créer un statu quo pour toute l’Europe, garantissant au moins quelques années de tranquillité. À cette occasion, des personnalités importantes, comme le futur Charles II Stuart, roi de Grande-Bretagne, se rendirent dans la ville dans l’espoir que l’une des deux puissances soutiendrait leur cause — un effort vain qui se termina par un refroidissement des relations entre Philippe IV et le futur roi britannique. Cela facilita, à son tour, le rapprochement de ce dernier avec le royaume de Portugal, alors en révolte contre l’autorité espagnole.

Le mariage arrangé entre les deux monarques fut célébré à Hondarribia par procuration au début de juin 1660. La cérémonie fut d’une grande spectaculaire, réunissant à nouveau les cortèges des deux cours dans la région du Bidasoa. Cette occasion permit à Hondarribia de renouveler les faveurs accordées par Philippe IV en 1638, bien que le même voyage donna lieu au projet d’élever Saint-Sébastien au rang de ville, réalisé en 1662. Cela diminua, de fait, le prestige singulier que Hondarribia détenait seule dans tout le Guipuscoa depuis 1638.

Cependant, l’état de guerre habituel en Europe moderne ne tarda pas à compromettre l’accord scellé par le mariage avec Marie-Thérèse. De nouvelles guerres éclatèrent entre les deux royaumes, entraînant Hondarribia à nouveau dans des conflits avec la province et avec les villes sur lesquelles elle exerçait sa juridiction, tant en matière civile que militaire.

Hondarribia ne pouvait se résigner à perdre l’autorité sur les localités sur lesquelles elle avait exercé sa prééminence seigneuriale. Elle eut un conflit sérieux avec Pasajes en 1674. Selon Gorosabel, les différends découlèrent d’une lettre que le conseil municipal de Pasajes envoya à Hondarribia, ordonnant à certains de ses habitants de monter la garde au château de Santa Isabel pour mieux sécuriser le port, à un moment où se déroulait la guerre dite de Hollande, dans laquelle le roi d’Espagne s’alliait contre Louis XIV avec ses anciens ennemis, les Provinces-Unies des Pays-Bas.

Les autorités de Pasajes estimaient que de telles instructions devaient leur être communiquées directement par la province ou par leur colonelle, chargée d’administrer les fonctions militaires de la ville. Ils considéraient que ces ordres constituaient une atteinte préjudiciable à leurs libertés. Pour donner satisfaction, le capitaine Francisco de Ugarte et Fabián de Goicoechea, régidor et député de Pasajes, se rendirent à Hondarribia, où ils furent arrêtés par les maires de la ville sans autre forme de procès et détenus pendant plusieurs jours.

Pasajes informa la Députation provinciale de l’incident, ce qui déclencha une procédure contentieuse. Le litige fut jugé à Azkoitia le 9 octobre 1675, avec l’accord du Dr. Pedro Angulo y Lugo, professeur de première chaire de droit canon à l’Université de Valladolid et avocat de sa chancellerie, qui donna raison à Pasajes. Le jugement confirma le droit de la ville de hisser son propre drapeau, de nommer capitaines, enseignes et autres officiers en cas de guerre, indépendamment de Hondarribia. Il fut également déclaré que, sur le plan militaire, Pasajes devait dépendre directement de la province et de sa colonelle, sauf lorsque Hondarribia recevait des ordres de la province pour déléguer son autorité sur les localités de sa juridiction, ou lors des cérémonies de honneurs royaux et de levée de bannières.

Hondarribia fit appel de cette décision auprès du Conseil suprême de la guerre, et bien qu’un ordre royal de citation et d’exécution fût émis, Gorosabel ne rapporte aucun résultat ultérieur, ce qui laisse penser que l’affaire fut soit conclue, soit au moins suspendue.

Un incident avec les habitants d’Hendaye faillit compromettre la fragile paix entre la France et l’Espagne. Pour éviter qu’une nouvelle guerre de coalition contre Louis XIV n’éclate prématurément, les Juntas générales de la province intervinrent, sans être obéies par les habitants de Hondarribia. Selon Gorosabel, l’incident débuta en 1679 avec l’arrivée d’habitants d’Hendaye en bateaux à quille lors du passage de la reine María Luisa de Bourbon.

« Les Français se plaignirent que les habitants de Fuenterrabía avaient commis certains abus et excès à leur égard, comme brûler une chaloupe dans laquelle se trouvaient certains prêtres et serviteurs du prince d’Ancourt pendant le transit royal, et avoir profané le drapeau blanc de leur nation. Pour punir cela, de nombreuses troupes se rassemblèrent l’année suivante près de Bayonne, dans l’intention d’envahir le Guipuscoa, tandis que quatre frégates de guerre furent stationnées dans la baie de Fuenterrabía, saisissant tous les navires entrant ou sortant du port. Cela entraîna une série d’ilités réciproques, de dommages et de griefs.

Face à cette situation alarmante, la province convoqua une Junta générale à Saint-Sébastien. Conformément aux ordres du roi, elle chercha à éviter un conflit avec la France et tenta d’éliminer tout prétexte à cette fin. L’une des mesures fut de nommer Don Martín Antonio de Barrutia y Salinas, habitant de Mondragón, juge-commissaire pour enquêter sur les abus allégués, arrêter les responsables si nécessaire, et les conduire à Saint-Sébastien. Dans l’exercice de sa mission, Barrutia se rendit dans la ville avec son conseiller, son scribe et son huissier, mais à l’arrivée au couvent des Capucins, le gardien et l’un des prédicateurs qu’il consulta le persuadèrent de ne pas entrer. Il était bien connu que les habitants étaient armés et déterminés à ne permettre aucune procédure contre eux, menaçant même de le tuer s’il tentait d’enquêter.

Face à cette situation alarmante, le commissaire Barrutia n’osa pas continuer ; mais désirant accomplir sa mission au mieux, il envoya le prédicateur du couvent présenter l’affaire aux maires de la ville. Cette tentative échoua également, car certains prêtres bloquèrent le prédicateur, qui dut revenir. Barrutia fit alors rapport à la Junta générale de Saint-Sébastien, qui décida que l’enquête se poursuivrait dans les localités environnantes sans entrer à Fuenterrabía. Pendant ce temps, Fuenterrabía informa la Junta que ses représentants ne pouvaient y assister pour divers empêchements, et la province demanda à la ville de nommer d’autres délégués.

Lorsque le messager provincial approcha de la ville, huit clercs armés l’arrêtèrent, examinèrent le document qu’il portait et le renvoyèrent à Saint-Sébastien, déclarant que Fuenterrabía n’obéirait plus aux ordres du Guipuscoa. Non contents de cela, ces prêtres le menacèrent de poignards et déchirèrent ses vêtements. La province informa le roi de cet événement grave et continua à recueillir des informations sur la résistance des habitants de Fuenterrabía à son autorité.

Sur cette base, la Junta générale du 21 mai 1680 décréta que, compte tenu de l’état des affaires et du désir de paix commune, il n’était pas possible d’appliquer alors strictement la loi provinciale contre les habitants désobéissants de Fuenterrabía, tout en se réservant le droit de le faire ultérieurement, et les déclara définitivement exclus de la confrérie du Guipuscoa. Cette résolution fut communiquée au roi, qui exprima son appréciation pour la loyauté et le zèle de la province, tout en souhaitant qu’elle maintienne de bonnes relations avec Fuenterrabía, compte tenu de la loyauté de cette ville.

À la réception de cette cédula royale, une Junta particulière fut convoquée à l’ermitage d’Olas, et pour satisfaire les souhaits du roi, il fut convenu de réintégrer Fuenterrabía dans la confrérie guipuzcoane. La ville refusa initialement, affirmant que l’affaire était encore en instance devant le Conseil royal, ajoutant un nouvel affront aux désobéissances précédentes. Enfin, par provision royale du 3 octobre 1680, la décision de la Junta fut annulée, excluant Fuenterrabía de la confrérie de la province, et ordonnant que la ville soit réunie à celle-ci comme auparavant, avec ses honneurs. Conformément à cette décision, Fuenterrabía fut admise aux prochaines Juntas générales dans les mêmes conditions qu’auparavant.

Gorosabel rapporte ensuite qu’un autre différend, non moins grave, entre la ville et la province, bien que de nature différente, se produisit plus tard.

« En 1693, les gardes de la perception signalèrent sur le pont de Mendelo une certaine somme d’argent transportée dans le portefeuille de Fuenterrabía depuis Saint-Sébastien. En conséquence, les maires de Fuenterrabía, accompagnés de seize habitants, se rendirent très tôt le lendemain matin à la maison des douanes d’Irun, où ils arrêtèrent le percepteur, qui n’était pas encore levé. Conduit sous ce déploiement de force comme prisonnier à la maison communale de Fuenterrabía, il fut formellement inculpé, comme devant un tribunal, d’avoir retenu les lettres qu’il transportait. Satisfaits de ses explications — ou peut-être craignant les conséquences de leur action arbitraire — ils le relâchèrent.

La province, à qui le percepteur rapporta l’incident, donna commission au licencié Juan de Larreta pour enquêter. Celui-ci se rendit sur place, constitua le dossier judiciaire correspondant et, sur la base des témoignages recueillis, la Députation décida de corriger personnellement les trois individus de Fuenterrabía les plus coupables. Pour ce faire, un commissaire fut envoyé pour les convoquer devant la Députation. Cependant, ils non seulement ignorèrent cette convocation ; ils emprisonnèrent le commissaire dans la prison publique, lui arrachant violemment le document de commission. Non contents de cela, ils adressèrent à la Députation une lettre aux termes les plus inappropriés et même menaçants.

Offensée par un tel comportement, la province informa le roi et son conseil. Par provision royale du 15 avril de la même année, le conseil ordonna la libération immédiate du commissaire arrêté par les habitants de Fuenterrabía. Il ordonna également la comparution personnelle des maires de la ville devant la cour dans un délai de quinze jours. Une fois cela fait, et après que les maires eurent fait quelques gestes conciliateurs, l’affaire fut close sans suite."

Le XVIIIe siècle commença également par des incidents, cette fois causés par la visite du nouveau roi Bourbon, désigné héritier du trône d’Espagne par le testament de Charles II, en 1701. Selon Gorosabel, Hondarribia voulait qu’un de ses maires se rende à Irun avec une compagnie formée de ses habitants pour accomplir toutes les fonctions de salves et de garde pour Sa Majesté Royale.

« Cela se fondait sur le fait qu’Irun relevait de sa juridiction et que la province avait ordonné que chaque maire accomplisse ces honneurs dans sa localité respective selon la forme habituelle. Les habitants d’Irun, offensés par cette prétention, mêlèrent leurs plaintes à des menaces ; et, selon les rumeurs publiques, ils se préparaient non seulement avec de la poudre pour les salves, mais aussi avec des balles pour s’opposer aux habitants de Fuenterrabía. La Députation chercha à éviter une confrontation entre les deux villes ; et après avoir examiné les documents de ses archives, elle constata qu’à plusieurs reprises Irun avait fourni sa compagnie indépendamment de Fuenterrabía.

La province souhaitait donc que Hondarribia renonce à son insistance, mais en vain. Dans cette situation, pour éviter un affrontement et ainsi un scandale qui aurait discrédité les deux villes et même la province aux yeux d’un monarque qui foulait pour la première fois le territoire espagnol, la Députation porta l’affaire à la connaissance de Sa Majesté à son arrivée à Saint-Jean-de-Luz, afin qu’il prenne la décision la plus appropriée.

Le roi, informé de l’affaire, ordonna que, n’ayant pas l’intention de nuire à l’une ou l’autre des villes, la garnison entrant à Irun soit composée de soldats du présidio de Saint-Sébastien, sans intervention des habitants. Dans une autre communication adressée à la province pour expliquer cet ordre royal, il manifesta qu’il serait de son agrément royal que ni le maire de Fuenterrabía, ni le capitaine d’Irun ne sortent pour le recevoir ou le saluer, et cela fut exécuté en conséquence."

Le rapport des Cortes de Navarre de 1795 fournit des détails sur le projet de travaux portuaires et de routes convenu au début du XVIIIe siècle entre les autorités navarraises et celles de Hondarribia :

« Lors du congrès de 1702, la question fut examinée sérieusement. Deux membres des Cortes furent commissionnés, accompagnés d’un ingénieur, pour reconnaître les terrains de la ville de Pampelune jusqu’à la villa de Santesteban afin de construire une route, et le fleuve Bidasoa de Santesteban jusqu’à Fuenterrabía pour faciliter sa navigation. Sur cette étendue, le coût des travaux fut estimé, et un plan fut établi, qui existe encore. Des rapports précis sur le trafic et d’autres éléments susceptibles de contribuer à l’attribution des fonds pour le projet et son entretien furent recueillis.

Connaissant tous ces antécédents, les Cortes décidèrent de demander par loi la faculté de rendre le Bidasoa navigable de Santesteban à Fuenterrabía, de construire la route de Pampelune à Santesteban, et d’établir les taxes correspondantes conformément à ce qui était indiqué dans la requête. Si cette loi ne fut pas pleinement accordée, elle dut être influencée par les vicissitudes de la Guerre de Succession, comme le suggère le contexte du décret royal émis à cette fin dans les circonstances politiques de l’époque. Sans doute, les avantages du nouveau commerce avec Hondarribia furent jugés inférieurs aux dépenses nécessaires pour aménager le port, améliorer la navigation du Bidasoa et construire la route de Pampelune à Santesteban, bien qu’il s’agisse d’un projet aussi étudié que recommandé aux Députations. »

La position stratégique d’Hondarribia et son statut de place forte en firent l’objectif d’un nouveau siège en 1719, dans le cadre de la guerre de la Quadruple Alliance. L’Espagne, encouragée par le cardinal Alberoni et la reine Elisabeth Farnèse, cherchait à rompre l’équilibre européen établi par les traités de 1714 qui mirent fin à la guerre de Succession d’Espagne.

En mai 1719, les troupes françaises sous le commandement du duc de Berwick assiégèrent Hondarribia. Après avoir ouvert une brèche dans les remparts en juin, la ville se rendit le 16 du même mois, avec l’autorisation de Philippe V, qui reconnut qu’il était impossible de secourir la ville comme en 1638.

La capitulation se fit dans des conditions favorables et conformes aux usages courtois de la guerre au XVIIIe siècle : les régiments réguliers survivants purent quitter la ville avec leurs armes et bagages, en marchant par les brèches avec leurs drapeaux déployés et tambours et fifres sonnant en hommage à leur courage. Ils furent autorisés à se rendre à Pampelune pour renforcer la garnison de cette ville, avec uniquement l’itinéraire et la cadence du pas prescrits.

La population civile, qui avait également participé à la défense au sein du tercio de citoyens, reçut des conditions avantageuses : elle pouvait quitter la ville en emportant ses biens ou y rester en toute sécurité pour sa vie et ses propriétés. Bien que ces conditions aient été respectées dans l’ensemble, des incidents isolés avec certains soldats occupants se produisirent, et une épidémie affecta légèrement les habitants qui restèrent sous occupation française.

Enfin, en 1721, Hondarribia fut rendue au royaume d’Espagne dans le cadre des accords de paix définitifs entre toutes les puissances belligérantes.

Les deux longues années d’occupation de Hondarribia par les troupes françaises entre 1719 et 1721 ne marqueront pas une fin aux problèmes d’intégration de Hondarribia dans la couronne de Castille. De nouvelles tentatives seront ainsi entreprises par les autorités de la ville pour se séparer de la province de Guipuscoa. Cela se produira en 1743, à peine deux décennies après la fin de l’occupation française, qui avait détaché Hondarribia de la juridiction guipuscoane. À cette date, la ville tentera à nouveau de se séparer de Guipuscoa, cette fois de son plein gré, afin de s’agréger au royaume de Navarre.

Le rapport des Cortes de Navarre de 1795 nous fournit à ce sujet des informations importantes :

"Dans l’instruction donnée par les Cortes de 1743 et 1744, la même intention fut confiée, qui s’étendait à solliciter avec Fuenterrabía son incorporation, car sans elle, les commerçants navarrais resteraient presque entièrement à la merci du Consulat et de la province de Guipuscoa, qui, par des surtaxes sur les marchandises ou sous prétexte de besoins publics, pourrait entraver notre commerce. Et n’étant pas Fuenterrabía de ce Royaume, des conflits de juridiction surgiraient et les causes de nos commerçants seraient portées en appel à la Chancellerie de Valladolid, inconvénients classiques qui disparaissaient si Fuenterrabía était séparée de Guipuscoa. L’Illustre Députation traita avec la plus grande circonspection ce point avec la ville de Fuenterrabía, et celle-ci, disposée à devenir membre de Navarre, consulta en 1747 l’évêque de Casia et Don Juan Gregorio Muniain, alors Gouverneur de cette place. Le premier ne posa aucun obstacle substantiel, et le second, seulement celui qu’il trouvait pour des raisons d’État, car nous soumettrions (en cas de souhait exprimé) notre intérêt à l’arbitraire de la France, dans le cas où elle établirait des douanes sur les rives de son domaine, et laisserait franchir les Pyrénées aux troupes de ce Souverain. Sur l’avis de Muniáin, la Députation se retira de cette mission, qui fut considérée comme évacuée par les Cortes en 1757."

En 1754, « la ville de Fuenterrabía, avec les localités de son district et de sa juridiction, qui sont les universités d’Irún et Lezo et le lieu de Pasajes de sa rive » donna pouvoir aux licenciés D. Juan de Arriaga et D. Miguel Antonio de Casadevante pour gérer à Madrid et devant la Députation navarraise sa réincorporation à la Navarre. En contrepartie, elle demandait un siège aux Cortes avec voix et vote et souhaitait continuer à maintenir sa supériorité militaire, civile et économique sur ses subordonnés.

Les seuls changements politico-administratifs qui prospéreront dans la juridiction de Hondarribia au cours du XVIIIᵉ siècle ne seront pas, précisément, ces tentatives de ségrégation pour s’unir au royaume de Navarre, mais ceux des populations qui, depuis le Moyen Âge, formaient le seigneurie juridictionnelle de la ville. L’université d’Irún se sépara de la juridiction de Hondarribia en 1766, et le quartier de San Juan de Pasajes en 1767. Le territoire ancien de Hondarribia fut depuis lors réduit au territoire qui lui appartient aujourd’hui, plus la partie de Lezo, qui se séparerait également à une date indéterminée de la première moitié du XIXᵉ siècle.

La Révolution française de 1789 engage la ville de Hondarribia dans un nouveau cycle de guerre. À cette occasion, la confrontation séculaire entre l’Espagne et la France se réactive une fois de plus, après avoir été interrompue depuis 1700 par le fait que la dynastie des Bourbons régnait à la fois à Madrid et à Paris. Le démantèlement de la branche française et la proclamation de la Convention républicaine conduisent à un nouvel affrontement entre les deux puissances.

Du côté français, on combat pour préserver les acquis révolutionnaires et, si possible, les étendre au-delà des frontières. Sur la côte espagnole, l’objectif est de maintenir le statu quo antérieur à la Révolution et de restaurer la monarchie sur le territoire français. Les ilités reprennent en 1793 et la campagne de cette année-là se révèle relativement favorable aux armes espagnoles, qui parviennent à pénétrer jusqu’aux environs immédiats de Bayonne.

Les combats débutent à la frontière le 23 avril 1793 avec la destruction du fort de Hendaye depuis Hondarribia. Ces succès initiaux, supérieurs même à ceux d’autres puissances monarchiques (Autriche, Grande-Bretagne, etc.) attaquant la Convention républicaine française sur d’autres fronts, ne durent cependant pas longtemps.

La jeune République réagit tout au long de l’année 1793, consciente que sa survie dépend du rejet de l’attaque des puissances absolutistes. Cette situation grave sert à galvaniser la nation et à mobiliser pleinement toutes les ressources humaines et militaires, ce qui lui permet de reprendre l’initiative sur tous les fronts et de contrebalancer les forces armées coalisées.

La situation dans le sud-ouest de la France n’est pas différente. Là aussi, les troupes espagnoles, qui avaient occupé — et dévasté — une partie du territoire du Labourd, sont repoussées et contraintes de se replier vers les Pyrénées et la Bidassoa. Les troupes révolutionnaires ne s’arrêtent pas à ce point. Déterminées à pousser jusqu’à ses ultimes conséquences le mot d’ordre de la Convention — « paix aux peuples, guerre aux tyrans » — elles bombardent Hondarribia en juillet 1794.

Par la suite, elles obtiennent la reddition de la place le 1er août de la même année, après l’avoir sommée de capituler sans condition sous peine de voir toute sa population massacrée — le chef militaire français parlant de « passer au fil de l’épée » les habitants. Privée de défense après le retrait des troupes royales, la ville capitule et se trouve de nouveau, bien que pour des raisons totalement différentes, sous occupation française, comme en 1719, jusqu’à ce que la ville et le reste du territoire guipuscoan envahi par les troupes de la Convention soient restitués à la Couronne espagnole par la paix de Bâle en 1795.

Après la reddition de la place, l’armée française s’empare à Hondarribia d’un important butin de guerre :

  • 2 000 prisonniers
  • 200 canons
  • 10 000 à 12 000 fusils
  • 1 500 à 1 600 tentes
  • 4 000 bombes, obus et boulets
  • 30 à 40 chaloupes de pêche
  • 3 navires à deux mâts
  • 1 canonnière bien équipée

La Convention ne donne l’ordre d’évacuer ses troupes qu’en septembre 1795. À cette date, la garnison française a presque achevé le travail systématique de destruction de cette place forte, jugée extrêmement problématique du point de vue stratégique pour la France. La fortification tournée vers Hendaye est particulièrement affectée.

La partie faisant face à la côte est également sur le point d’être détruite : les trous destinés aux mines — encore visibles aujourd’hui — ont déjà été creusés dans les murailles et les bastions lorsque l’ordre d’évacuation est donné après la signature de la paix de Bâle.

La Gaceta de Madrid de l’époque attribue la reddition de la place aux sympathies révolutionnaires de son maire, Joaquín de Irarreta, également perceptibles, selon cette source, chez les autres édiles composant le conseil municipal ainsi que chez plusieurs habitants de la ville. À la suite de ces insinuations, largement encouragées par le premier ministre Godoy, un conseil de guerre composé d’officiers généraux se réunit à Pampelune afin de déterminer le bien-fondé de ces accusations. Après examen de leur conduite, le conseil déclare que le maire, les conseillers municipaux et les habitants incriminés avaient contribué autant que possible à retarder et à entraver la reddition.

Malgré la séparation effective des juridictions entre Irún et Hondarribia depuis la fin du XVIIIᵉ siècle, le passage des rois de Toscane en 1801 — fruit de l’entente entre la Couronne espagnole et les autorités républicaines françaises à la suite de la paix de Bâle — donna lieu à de nouveaux affrontements entre les deux localités. Par un ordre royal du 28 mai de la même année, il fut ordonné que l’une et l’autre oublient mutuellement ce qui s’était produit à cette occasion, étant entendu que, si à l’avenir une situation similaire venait à se présenter, le roi déterminerait préalablement le droit qui avait été disputé à propos de l’affaire mentionnée.

Le 16 septembre 1805, la Diputación de Navarre sollicitait du roi l’annexion à la Navarre d’Irún et de Hondarribia, soulignant l’importance considérable qu’avait pour la Navarre la possession d’un port maritime. Le roi y accéda par ordre royal du 26 septembre de la même année. Ainsi, le 10 octobre, le commissaire de Navarre, Miguel Escudero, prit possession de Hondarribia.

La Diputación de Guipuscoa adressa plusieurs représentations au monarque, protestant contre l’annexion, mais elles ne furent pas entendues par le roi, qui confirma l’ordre du 26 septembre (doc. dans CCPV, t. III, fol. 494). Cependant, Guipuscoa continua à tenter de récupérer les territoires perdus. Ses efforts restèrent vains entre 1808 et 1813, pendant l’occupation napoléonienne.

Les autorités espagnoles restaurées donnèrent néanmoins suite à sa demande. Ainsi, le 18 août 1814, le vice-roi de Navarre, comte d’Ezpeleta, communiqua à la Diputación navarra la décision royale de restituer Irún et Hondarribia à Guipuscoa, ce qui eut lieu peu après.

La place fut occupée au nom de José Ier après les événements de mai 1808. Le 11 mars 1813, le sergent de 1ʳᵉ classe D. Fermín Leguía, accompagné de quinze guérilleros, prit le château de San Telmo à l’embouchure du Bidasoa, surprenant sa garnison pendant la nuit. Il emporta les armes et les munitions qu’il put, rendant inutilisable le reste, et mit le feu au bastion, qui fut détruit aux trois quarts. Après la bataille de San Marcial, les Français abandonnèrent définitivement la place.

Hondarribia pendant les guerres carlistes et la Restauration (1833-1876)

Pendant la Première guerre carliste (1833-1839), les Carlistes occupèrent Hondarribia sans difficulté, obligeant les éléments libéraux à se réfugier à Saint-Sébastien, Hendaye ou d’autres lieux sûrs. Parmi ces réfugiés se trouvait le maire J. M. Benigno Iriarte.

L’intervention de la British Legion, envoyée par la Grande-Bretagne pour soutenir le gouvernement libéral espagnol, compliqua la situation des Carlistes dans la région. Le 18 mai 1837, la garnison carliste de Hondarribia capitula face aux attaques de Schelly, dans des opérations coordonnées avec les manœuvres sur la ligne de Hernani préparées par Espartero, tandis que l’armée carliste principale était engagée dans l’infructueuse « Expédition Royale » vers Madrid.

Pendant la Deuxième guerre carliste dans le territoire basque (1873-1876), la ville ne tomba jamais aux mains des rebelles. Hondarribia accueillit une garnison importante composée de troupes régulières et de milices volontaires libérales formées par des habitants locaux. Ses murailles furent utilisées comme base d’une structure défensive qui tint les Carlistes à distance pendant les trois années de conflit, les empêchant de contourner l’arrière de la ligne côtière qui, entre Hondarribia et Getaria (à l’exception d’Hernani), resta la seule zone de Guipuscoa non contrôlée par les Carlistes. Jaizkibel servit de point de communication et de voie de transport militaire reliant les positions fortifiées de Hondarribia, Lezo, Pasajes et Saint-Sébastien.

La résistance de Hondarribia, renforcée par plusieurs unités navales libérales patrouillant le Bidasoa entre la ville et Irun, permit aux forces libérales de conserver un certain contrôle de la frontière, rendant les opérations carlistes entre la France et Guipuscoa plus difficiles.

Cependant, cette fidélité à la cause libérale n’apporta pas de grands bénéfices économiques à Hondarribia après la fin de la guerre en 1876. Après l’abolition des fueros et l’instauration du régime de la Restauration bourbonaise (1876-1924), la ville entra dans une période de stagnation économique, concentrant son activité sur la pêche et l’agriculture. Cela permit au centre économique de la région de se déplacer vers sa ancienne possession féodale, Irun, qui, grâce à la ligne de chemin de fer internationale, devint le principal pôle de développement industriel de la zone.

C’était l’une des dix-huit républiques dans lesquelles devaient se tenir les Juntas Generales [F. de G., Tit. IV, Chap. I]. Elle avait siège dans celles-ci et dans les Juntas particulières au septième rang à la main droite du Corregidor et votait avec cinquante-huit feux, comprenant ceux du chef-lieu particulier des localités de sa juridiction [F. de G., Tit. IX, Chap. III et IV]. Au milieu du XIXᵉ siècle, elle comptait, avec Lezo, 31 feux. Cette ville était une place fortifiée entourée de murs très solides, avec ses bastions et d’autres grandes défenses et fortifications extérieures, et bien pourvue de magasins de vivres et de munitions pour son entretien. Elle possédait un Presidio Real pour sa protection aux frais de la couronne. Sa sécurité et sa conservation furent confiées par le roi à la province, lui ordonnant de la garder en son pouvoir, la retirant au maréchal D. García de Ayala qui en était maître [F. de G., Tit. II, Chap. V]. À la moitié du XIXᵉ siècle, elle possédait une douane de quatrième classe avec des employés et une force de carabiniers des finances publiques.

Elecciones generales del 20-IV 1879 (sección)
Ref. Archivo municipal de San Sebastián, A, negoc. 7, lib. 4, exped. 3
Candidatos Votos
José Olano y Altuna 146
Fermín Machimbarrena y Echave 56

Elecciones generales del 1-II-1891
RefLa Voz de Guipúzcoa del 2-II-1891
Candidatos Partidos Votos
Calbetón Coalición liberal  413
San Felices Conservador  

Elecciones generales Del 5-III-1893
RefBoletín Oficial de Guipuzcoa del 9-III-1893. Filiaciones en diversas publicaciones de la época
Candidatos Partidos Votos
Calbetón Coalición liberal  442
Satrústegui Independiente 259

Elecciones generales del 12-IV-1896
RefBoletín Oficial de Guipuzcoa del 17-IV-1896. Filiaciones en La Unión Vascongada del 13-IV-1896
Candidatos Partidos Votos
Pavia Integrista 435
Satrústegui Conservador  249

Elecciones generales del 27-III-1898
RefBoletín Oficial de Guipuzcoa del 30-III-1898. Filaciones en El Fuerista del 27-II-1898
Candidatos  Partidos Votos
Brunet Coalición liberal  409
Juan Rojo Pellán   1

Elecciones generales del 16-IV-1899
RefBoletín Oficial de Guipúzcoa del 19-IV-1899. Filiaciones en La Unión Vascongada del 27-IV-1899
Candidatos Partidos Votos
Zabala Republicano 433

Le faible développement industriel et la proximité de la zone frontalière entre deux grands États favorisèrent une activité de contrebande considérable dans l’environnement de Hondarribia. Celle-ci connut un essor notable surtout pendant la Première Guerre mondiale, lorsque la tentation d’introduire des marchandises dans le pays voisin, alors en manque de tout, poussa un grand nombre d’Hondarribiens à se spécialiser dans la contrebande.

Cette activité, cependant, ne déclina pas à la fin de la guerre et continua à se développer, également dans le sens inverse, notamment après la Seconde Guerre mondiale, période durant laquelle les Espagnols de l’après-guerre connurent de grandes pénuries et besoins. L’activité diminua au début des années 1950. L’un de ses praticiens les plus célèbres fut le fameux contrebandier hondarribiar « Patxiku ».

Elecciones generales del 19-V-1902
Ref. Boletín Oficial de Guipuzcoa del 24-V-1901. Filiaciones en La Unión Vascongada del 13-V-1901
Candidatos Partidos Votos
Picavea Liberal 548

Elecciones generales del 21-IV-1907
Ref. Boletín Oficial de Guipúzcoa del 24-IV-1907. Filiaciones en La Voz de Guipúzcoa del 22-IV-1907
Candidatos Partidos Votos
Gaytán de Ayala Católico 737

Elección a diputados en Cortes del 8 de mayo de 1910
Ref. Boletín Oficial de Guipúzcoa, mayo 1910.
Candidatos Votos
Manuel Lizasoain Minondo 780
Tomás Berminghan Brunet 59
Votos en blanco 1

Elecciones a diputados en Cortes del 8 de marzo de 1914
Ref. Boletín Oficial de Guipúzcoa, marzo, 1914
Candidatos Votos
Leonardo Moyúa Alzaga, marqués de Rocaverde 810
Pío Bizcarrondo Erquicia 18

Elecciones generales del 9-IV-1916
Ref. Boletín Oficial de Guipúzcoa. del 12-IV-1916. Filiaciones en La Voz de Guipúzcoa del 10-IV-1916.
Candidatos Partidos Votos
Marqués de Roca Verde Liberal 794
Sánchez Republicano 11

Elecciones generales del 24-II-1918
Ref. Boletín Oficial de Guipúzcoa. del 27-II-1918. Filiaciones en La Voz de Guipúzcoa del 25-II-1918.
Candidatos Partidos Votos
Elósegui Maurista 589
Azqueta Liberal 255

Elecciones generales del 29-IV-I923
Ref. El Pueblo Vasco del 1-V-1923
Candidatos Partidos Votos
Marqués de Tenorio Conservador 715
Zuaznávar Independiente 1

  • Elecciones municipales del 12 de abril de 1931

Resultaron elegidos seis concejales republicanos, seis monárquicos, un nacionalista y un UMN (Sagarzazu). Ref. La Voz de Guipúzcoa, abril 1931.

Instaurada la República, las diferentes citas ante las urnas dieron los siguientes resultados.

Elecciones generales del 28-VI-1931
Ref. La Voz de Guipúzcoa del 30-VI-1931. Filiaciones en El Pueblo Vasco del 30-VI-1931.
Candidatos Partidos Votos
Leizaola Nacionalista 587
Picavea Independiente 587
Pildain Integrista 579
Urquijo Tradicionalista 564
Amilibia Unión Republicana 548
De Francisco Socialista 518
Gárate Acción Nacionalista 511
Usabiaga Derecha Republicana 511

Elecciones generales del 28-VI 1931
Ref. Boletín Oficial de Guipuzcoa del 29-VI-1931. Filiaciones en El Pueblo Vasco del 30-VI-1931.
Candidatos Partidos Votos
Distr. 1, secc. 1
Amilibia Unión Republicana 107
De Francisco Socialista 97
Usabiaga Derecha Republicana 96
Gárate Acción Nacionalista 94
Picavea Independiente 47
Leizaola Nacionalista 46
Pildain Canónigo (Integrista) 42
Urquijo Tradicionalista 37
Castro Re-publicano 1
Urgoiti Unión Republicana 1
Distr. 1, secc. 2
Picavea Independiente 207
Pildain Canónigo (Integrista) 207
Leizaola Nacionalista 205
Urquijo Tradicionalista 202
Amilibia Unión Republicana 201
Usabiaga Derecha Republicana 198
De Francisco Socialista 197
Gárate Acción Nacionalista 195
Castro Republicano 1
Urgoiti Unión Republicana 1
Distr. 2, secc. 1
Leizaola Nacionalista 161
Picavea Independiente 161
Pildain Canónigo (Integrista) 160
Urquijo Tradicionalista 153
Amilibia Unión Republicana 131
De Francisco Socialista 123
Usabiaga Derecha Republicana 121
Gárate Acción Republicana 11
Distr. 2, secc. 2
Leizaola Nacionalista 174
Picavea Independiente 174
Urquijo Tradicionalista 172
Pildain Canónigo (Integrista) 170
Amilibia Unión Republicana 108
Gárate Acción Republicana 102
Usabiaga Derecha Republicana 102
De Francisco Socialista 101
Votos en blanco   1

Plebiscito autonómico del 5 de noviembre 1933
Ref. La Voz de Guipúzcoa, noviembre 1933.
N.° de electores Favor Contra
3.060 2.855 175

Elecciones a diputados en Cortes del 19 de noviembre de 1933
Ref. La Voz de Guipúzcoa, noviembre 1933.
Candidatos Votos
Leizaola 1.540
Picavea 1.435
Monzón 998
Irujo 953
Irazusta 948
De Francisco 423
Usabiaga 414
Bizcarrondo 375
De la Torre 256
Maeztu 228
Paguaga 213
Tellería 209
Uraca 208
Gomendio 177
Alvarez 124
Angulo 123
Echevarría 119
Larrañaga 38
Astigarribia 37
Zapirain 37
Urondo 35
Imaz 3

Elecciones a diputados en Cortes del 6 de febrero de 1936
Ref. El Pueblo Vasco, febrero 1936.
Múgica 944
Oreja 931
Paguaga 922
Lojendio 920
Irujo 894
Monzón 690
Ansó 673
Amilibia 672
Apraiz 672
Larrañaga 667
Irazusta 664
Lasarte 657
Picavea 632

Elecciones a diputados en Cortes del 1 de marzo de 1936
Ref. El Pueblo Vasco, marzo, 1936
Irujo 1.281
Irazusta 1.269
Lasarte 1.265
Picavea 1.256
Amilibia 785
Larrañaga 767
Ansó 742
Apraiz 742

Après la rébellion militaire du 18 juillet 1936, Hondarribia est restée dans la zone fidèle à la République, après que des éléments loyaux au gouvernement légitime aient réprimé la tentative de soulèvement des troupes cantonnées au fort de Guadalupe. Face à l’avancée des colonnes du colonel Beorlegui depuis la Navarre sur Irun, une résistance tenace se forme autour de Hondarribia, organisée par les milices recrutées parmi les militants du syndicat anarchiste CNT et les plus petits groupes communistes affiliés aux MAOC (les autoproclamées Milicias Antifascistas Obreras y Campesinas).

Des éléments des milices de la CNT, après avoir réprimé les insurgés à San Sebastián, tentent, avec les MAOC, d’empêcher l’avancée des troupes rebelles sur le territoire guipuzcoan. Parallèlement, un exode de réfugiés vers Hendaye commence. Les premiers à quitter Hondarribia sont les sympathisants de la droite, craignant les représailles des éléments incontrôlés gravitant autour des milices ouvrières qui contrôlent entièrement la situation dans le territoire guipuzcoan et qui, à San Sebastián, ont déjà exécuté des phalangistes comme les frères Iturrino, sans que des dirigeants de la CNT comme Manuel Chiapuso aient pu les empêcher.

Ensuite, à mesure que l’avancée de Beorlegui se poursuit, d’autres combattants tentant d’éviter l’encerclement dans la zone se retirent par mer vers San Sebastián, ainsi que tous ceux qui, pour une raison ou une autre, craignent des représailles de la part des insurgés. Finalement, les milices doivent céder le terrain aux troupes rebelles venant de Navarre, privées des ressources militaires envoyées par le gouvernement légitime, mais retenues en impasse à Hendaye par ordre du gouvernement français. Ainsi, Hondarribia sera occupée par les forces de Beorlegui le 6 septembre 1936, un jour après la chute d’Irun.

Le 21 septembre, une fois que les nouvelles autorités désignées par les militaires insurgés se sont installées à Hondarribia, celles-ci tentent à nouveau de séparer Hondarribia de la juridiction de Gipuzkoa pour la réincorporer à la Navarre. À cette fin, une commission composée des conseillers J. Senén Amunarriz et Ángel Aseguinolaza, de Hondarribia, et de quatre membres municipaux d’Irun se rend à l’Hôtel de Ville de Pampelune, puis, le 22 septembre, à la Diputación Foral, pour remettre une demande officielle de réincorporation à la Navarre. Le projet échoua en raison de l’opposition des autorités franquistes de Gipuzkoa, ce qui donna lieu à une vive polémique entre le Diario Vasco de Gipuzkoa, d’une part, et le Diario de Navarra ainsi qu’Arriba España, d’autre part.

Le pouvoir municipal pendant le franquisme

Comme dans d’autres lieux, la première tâche entreprise par les insurgés après l’occupation de Hondarribia fut la reprise de la vie politique municipale, bien que celle-ci allait être entièrement encadrée par les autorités militaires. Une preuve en est que le premier conseil municipal nommé après l’occupation de la ville l’a été à l’initiative du Commandant militaire désigné par les insurgés et incluait plusieurs anciens prisonniers du fort de Guadalupe, situation qui aura un poids considérable dans le panorama politique de la région du Bidasoa pendant l’après-guerre.

De même, plusieurs commissions furent créées et, dans l’une d’elles — chargée de la Gouvernance, de la Santé et des Approvisionnements — réapparaît la figure de l’ancien maire de la dictature de Primo de Rivera, Francisco Sagarzazu. De plus, Ángel Aseguinolaza fut désigné maire, membre de la C.E.D.A. (Confederación Española de Derechas Autónomas), déjà membre du conseil en 1934 lors du soi-disant "Bienio negro" (1933-1934), période durant laquelle la victoire électorale des droites déclencha un processus d’annulation des réformes progressistes entreprises par le premier gouvernement républicain entre 1931 et 1933. Il était également ancien prisonnier du fort de Guadalupe.

Les premières décisions du nouveau conseil municipal se limitèrent à adopter les directives de la Junta Carlista de Guerra, concernant le rétablissement du Sacré-Cœur dans la salle du conseil, l’interdiction de nommer de nouveaux fonctionnaires et la création du Conseil local d’enseignement primaire, chargé d’ouvrir, de bénir et de placer les crucifix dans les classes, ce qui eut lieu le dimanche 27 septembre 1936. Parmi les autres mesures adoptées lors de la première réunion du conseil, le 25 septembre 1936, figurait le changement de nom de plusieurs rues : le Paseo de Chacón devint Paseo de los Mártires de la Revolución, l’Avenida de la República fut rebaptisée Avenida de Javier Barcaíztegui, et le Paseo de las Murallas — ou du Quatorze Avril — devint Paseo de Miguel María Ayestarán, en mémoire du prêtre décédé à Guadalupe.

À partir de ce moment, la militarisation de la vie quotidienne se fit de plus en plus patente. En mai 1937, la milice de Acción Ciudadana, dans laquelle s’étaient enrôlés la plupart des hommes de la ville sous le commandement de Félix Laborda, fut renommée Requeté de San Marcial, comptant 44 requetés actifs et 424 auxiliaires. De même, en novembre 1936, 55 Hondarribiens embarquèrent sur le croiseur de guerre fidèle aux rebelles, le Baleares. Seize d’entre eux périrent en mars 1938 lorsque le navire fut coulé.

Le 1er septembre 1937 furent publiées les règles pour la célébration du premier anniversaire de la libération de la ville. Les rues devaient être décorées de drapeaux avec les inscriptions : « ¡Viva España ! », « ¡Arriba España ! », « ¡Viva Franco ! », « ¡Viva Cristo Rey ! », « ¡Viva la Virgen de Guadalupe ! ». Il fut également ordonné la fermeture des commerces de 10 à 12 heures et la tenue d’une messe au Peñón.

Le développement politique du franquisme et l’unification politique ayant conduit à la création de la F.E.T. et des J.O.N.S. (Falange Española Tradicionalista y de las Juntas de Ofensiva Nacional-Sindicalista) firent émerger une classe politique qui restera en place de nombreuses années. L’ancien maire de la dictature primoriveriste, Francisco Sagarzazu, s’impose avec force dans la vie politique municipale au début de l’implantation du régime franquiste. Depuis son poste de délégué à la Presse et à la Propagande, il accuse en septembre 1937 le maire d’avoir eu des relations avec les séparatistes, affirmant que des réunions clandestines avaient eu lieu à son domicile où étaient distribuées les candidatures des mêmes.

En juin 1938, Sagarzazu proposa la construction d’un monument aux marins de la ville morts sur le Baleares, proposition refusée par le conseil municipal, ce qui entraîna l’intervention du Gouverneur civil, interdisant à Sagarzazu toute initiative, la construction du monument étant prévue sur un terrain lui appartenant.

En septembre 1939, peu après la fin de la Guerre civile, une importante rénovation municipale eut lieu à Hondarribia, similaire à celle observée dans d’autres communes. Ces changements combinèrent des personnes ayant déjà fait partie du conseil avec d’autres n’ayant jamais occupé de poste municipal. Parmi les premières, citons Manuel Canoura, maire durant la IIe République, ainsi que Simón Munduate — nommé maire — et Senén Amunarriz, membres du conseil de septembre 1936. De l’ancienne classe politique fut réintégré Bernardo Sistiaga, membre de la candidature de Sagarzazu en 1931.

Cependant, le profil politique le plus favorable au nouveau régime, représenté par Francisco Sagarzazu, bénéficia fortement lorsque, en 1941, le Gouverneur civil révoqua le maire en place et nomma Sagarzazu comme principal magistrat municipal, lui faisant ainsi retrouver le poste qu’il avait occupé en 1930, poste qu’il conservera jusqu’en 1958.

Parmi les premières mesures adoptées par Francisco Sagarzazu à partir de 1941, on note l’approbation de l’augmentation du prix du remblai du Puntal de España, relançant l’ancien projet de la Sociedad Progreso de Hondarribia, base de toute sa gestion municipale. En 1947, le franquisme organisa le premier plébiscite auquel le maire participa activement. Trois meetings sont attestés : le premier le 30 juin à Irun, le second le 4 juillet à Andoain, et le troisième le 5 juillet à Irun, au Teatro Bellas Artes.

En 1948, le franquisme tenta d’adopter une façade démocratique plus crédible avec la « démocratie organique », dont l’aspect le plus marquant fut les « élections organiques » municipales de l’automne 1948. Hondarribia fut l’une des dix-sept communes guipuzcoanes à organiser une élection simulée, avec cinq candidats pour trois postes au Tercio Familiar, le seul élu au suffrage universel direct, les autres postes étant désignés par un suffrage de second ou troisième degré.

Composition de la mairie en 1948

Alcalde
Nombre Profesión Edad FET-JONS Filiación
Francisco Sagarzazu Sagarzazu Industrial 61 Militante Derechista
Tercio Familiar
Justo Iñarra Lecuona Tablajero 47 Militante Derechista
Miguel Lizargárate Olaso Linternero 48 Militante Derechista
José Oronoz Elizasu Pescador 31 Militante Derechista
Tercio Sindical
Dionisio Sagarzazu Sagarzazu Horticultor 51 Militante Derechista
Fausto Zubillaga Pérez Pescador 41 Militante Derechista
José Mª Berrotarán Echeverría Labrador 33 Militante Derechista
Tercio De Entidades
José Luis Álvarez Olascoaga Estudiante 25 No afiliado Derechista
Francisco Mendizábal Roteta Labrador 52 No afiliado Derechista
Pedro Mª Aramburu Irastorza Empleado 52 Militante Derechista

Composition du Conseil municipal en 1948 et répression de l’après-guerre

Contrairement à 1948, nous ne disposons pas d’informations claires sur le reste des processus électoraux qui se sont succédé dans les années cinquante. Nous connaissons uniquement une note datée de 1954, dans laquelle il est demandé une liste des personnes de cette localité considérées comme aptes, par leur capacité et solvabilité, à pourvoir aux postes vacants lors des élections municipales de cette année. Dans cette même note, il est précisé :

« Il est traditionnel que les deux noyaux les plus importants de Hondarribia (les laboureurs et les pêcheurs) aient chacun deux représentants au Conseil municipal. Actuellement, un représentant des laboureurs reste conseiller, qui, avec le candidat proclamé et conseiller du Tercio de Cabezas de Familia, José María Daguer Aguinaga, ancien combattant, complète les deux. Pour le noyau des pêcheurs, Florencio Lecuona Zubillaga, ancien combattant, a été proclamé candidat. Il est nécessaire d’en nommer un autre par le Syndicat, complétant ainsi les deux représentants des pêcheurs. »

Lors de ces élections de 1954, le Tercio de Entidades fut monopolisé par la Hermandad de Labradores, à laquelle appartenaient les trois conseillers de ce tercio. La présence d’anciens combattants et d’anciens prisonniers exerçant des responsabilités politiques reste importante, puisque sur les neuf proposés, trois remplissent ces conditions. Les dernières informations disponibles remontent à 1957 et concernent la proposition de candidats pour renouveler le troisième tercio. Parmi eux, on peut signaler Juan Vila Madrid, instituteur, ancien prisonnier, chef de la Guardia de Franco, délégué du Frente de Juventudes, délégué comarcal du Servicio Español del Magisterio et secrétaire local de la F.E.T. et des J.O.N.S., probablement l’une des personnes ayant exercé le plus de fonctions durant le premier franquisme. Toujours en 1957, on retrouve un autre prisonnier de Guadalupe parmi les candidats : Regino Elejalde Gil, instituteur des Escuelas Viteri.

La répression de l’après-guerre

À Hondarribia, comme dans le reste du Guipuzcoa, une série de processus répressifs est mise en place à partir de 1937, se prolongeant plusieurs années après la fin du conflit. La première référence obligatoire concernant la répression franquiste est celle exercée par les autorités militaires. Dès le 28 juillet 1936, dans le territoire contrôlé par les insurgés, l’État de guerre est décrété, plaçant sous juridiction militaire une grande partie des actions relevant normalement de la justice civile.

Le Code de Justice militaire prévoit une procédure sommaire, réduisant à cinq jours le délai d’instruction des causes contre les accusés, ce qui réduit considérablement les garanties procédurales. Malgré la sévérité de cette répression militaire, elle ne semble pas avoir affecté excessivement Hondarribia. Des sources peu fiables indiquent huit fusillés parmi les habitants, mais toutes ces morts surviennent pendant l’occupation de la ville par les insurgés, et pourraient donc correspondre à des exécutions extrajudiciaires en situation de combat, ou principalement aux miliciens fusillés au fort de Guadalupe.

Des sources plus fiables ne signalent aucun fusillé à Hondarribia par les autorités rebelles dans ce district, bien que cela n’exclue pas que certains habitants absents de la ville aient été réprimés ailleurs. Nous avons connaissance d’un seul cas d’habitant soumis à un Conseil de Guerre par les insurgés : Arturo Hernández San Martín, médecin du fort de Guadalupe, acquitté par la juridiction militaire mais sanctionné de 1 000 pesetas par le Juzgado de Instrucción de Responsabilidades Políticas (Beperet, 2001; 143).

Le 13 septembre 1936, coïncidant avec l’occupation de Saint-Sébastien, première capitale provinciale prise par les insurgés, la Junta de Defensa Nacional décrète la saisie de tous les biens de personnes et partis opposés à la rébellion du 18 juillet. Pour mettre en pratique ce décret, la Commission provinciale de saisie des biens de Guipuzcoa (CPIB) est créée par le décret du 9 janvier 1937, instituant également la Commission centrale de saisie des biens, nommée par le président de la Junta Técnica par ordre publié le 20 janvier 1937.

Le 26 janvier, la CPIB guipuzcoane est constituée, présidée par le Gouverneur civil José María Arellano, avec Juan Cobián Fredo, magistrat, et Wenceslao de Archaud, avocat de l’État. Avant sa constitution, Arellano avait adressé une circulaire en octobre 1936 à tous les notaires et courtiers du commerce de Guipuzcoa, les enjoignant de ne réaliser aucune transmission, charge ou annulation de biens sans son autorisation, afin d’appliquer « la saisie de tous les biens appartenant aux membres des partis intégrant le Frente Popular marxiste-nationaliste ».

La CPIB de Guipuzcoa tint sa première séance le 6 août 1937, bien que son travail ait commencé auparavant. En août 1937, environ mille dossiers avaient été instruits contre « les personnes considérées responsables d’actes d’ilité contre le Glorioso Movimiento Nacional », la commission estimant pouvoir percevoir environ 400 millions de pesetas au titre des sanctions (A.G.A.-Justicia, caja 171). En mars 1937, une circulaire avait été envoyée aux municipalités pour investiguer la conduite de toute personne susceptible d’être inculpée.

Pour Hondarribia, au moins dix habitants virent leurs biens saisis et administrés par le secrétaire municipal agissant pour le compte de la CPIB, qui percevait ainsi 5 547,79 pesetas provenant des loyers durant la période de la sanction, somme bien inférieure aux 14 325,60 pesetas obtenues à Irún à la fin des années 1930 (A.G.A.-Justicia, libro 20-E).

La loi des responsabilités politiques et la répression post-guerre

En février 1939, la Loi des Responsabilités Politiques fut promulguée, visant à « liquider les fautes commises par ceux qui ont contribué, par des actes ou omissions graves, à forger la subversion rouge, à la maintenir vivante pendant plus de deux ans et à entraver le triomphe, providentiellement et historiquement inévitable, du Mouvement National ».

Comme pour la CPIB, la loi définissait une série de comportements considérés comme sanctionnables et rétroactifs jusqu’en octobre 1934. Le Tribunal Régional des Responsabilités Politiques de Navarre, chargé d’agir dans le Guipuzcoa via le Juzgado de Instrucción de Responsabilidades Políticas de San Sebastián, instruit 1 116 dossiers au cours de ses deux premières années.

Entre 1939 et 1945, année de l’extinction de la L.R.P., 32 habitants de Hondarribia furent poursuivis, dont quinze furent condamnés avec des amendes allant de 75 à 15 000 pesetas. Les peines les plus sévères touchèrent Juan Garmendia Idiazabal, conseiller municipal ayant quitté la ville début septembre 1936 et, malgré son retour en novembre, exilé à 150 km de la ville pour être jugé indésirable en zone frontalière. En juillet 1940, il fut condamné à payer 15 000 pesetas.

D’autres membres du conseil municipal furent également poursuivis : Francisco Sagarzazu Sagarzazu, maire durant la dictature de Primo de Rivera, Juan José Petit Ory, maire au début de la République, et les conseillers Segundo Martínez Olano (C.E.D.A.) et Ángel Urrutia Zunzunegui (E.A.J.-P.N.V.). Seul le conseiller nationaliste fut sanctionné, avec une amende de 2 000 pesetas, malgré son retour de France en 1937. Urrutia sera le dernier habitant de Hondarribia condamné au titre de la L.R.P.

Exil et sanctions

La loi frappa également de nombreux habitants en exil à la suite de l’évacuation de septembre 1936. Quatorze des poursuivis s’exilèrent (quatre moururent, sept revinrent, trois restèrent en France). Parmi ceux qui revinrent, cinq furent condamnés et un fut arrêté et envoyé à la prison d’El Dueso, recevant en 1941 une amende supplémentaire de 1 000 pesetas. Les exilés refusant de revenir, comme José Iriarte Bordonés, président d’Eusko Etxea, furent également condamnés. Au total, les sanctions imposées aux habitants de Hondarribia sous la L.R.P. dépassèrent 75 000 euros.

Par idéologies, sur 24 poursuivis connus, les républicains étaient les plus nombreux (12 : cinq de I.R., quatre de U.R., trois sans affiliation), suivis des nationalistes avec sept poursuivis. Cependant, la sévérité des sanctions était plus importante pour les nationalistes, représentant 73 % du montant total infligé à Hondarribia.

Contrôle de la vie civile

La répression s’étendit à tous les aspects de la vie quotidienne. Le 16 décembre 1936, suivant les instructions du Gouverneur Civil, la municipalité destitua 17 fonctionnaires absents après l’évacuation (APG-JTE, leg. 1376). Le secteur de l’enseignement fut purgé : 12 enseignants furent instruits, dont quatre sanctionnés, trois définitivement exclus du corps enseignant.

Parmi eux, Ambrosio Saseta Lázaro, accusé de nationalisme basque malgré un comportement catholique exemplaire, fut sanctionné en raison de l’influence idéologique supposée de ses enfants. Il revint de France en juillet 1940 après l’invasion allemande.

Les autres enseignants furent sanctionnés pour avoir quitté la ville durant l’avancée des troupes rebelles et ne pas être revenus. L’un d’eux, délégué local de la Croix-Rouge sous le contrôle républicain, resta en France en 1939 et fut définitivement exclu. Deux autres revinrent en 1940. Pour l’un affilié à I.R., le processus dura jusqu’en 1946, se soldant par deux ans de suspension. Une enseignante de Jaizubia, bien que fidèle au régime, fut également sanctionnée pour avoir été contrainte de rester en France par son mari considéré « complètement rouge » par les traditionalistes. À son retour, elle fut confirmée mais privée de fonctions de direction.

Résistance et maquis

La proximité de la frontière française favorisa l’activité des résistants. Dès 1944, après le retrait des Allemands de France, les républicains exilés ayant combattu les nazis (dans l’armée alliée, le maquis ou la Résistance) dirigèrent leur attention vers l’Espagne. Le régime franquiste, face à cette situation délicate, renforça ses troupes dans la zone.

En septembre 1944, le commandant de la Marine du Bidasoa, Amiral Calderón, considéra la situation critique face à l’audace des maquisards espagnols, jugés maîtres de la zone. En octobre, débuta l’opération Reconquista de España, la plus importante infiltration de guérilleros dans les Pyrénées, visant principalement la Navarre.

Cependant, le maquis resta peu actif au Pays basque. Seul un groupe dirigé par Victorio Vicuña, chef de la 10ᵉ Brigade des Pyrénées Atlantiques de Guerrilleros Espagnols, avec Marcelo Usabiaga, Francisco Lapeira et Pedro Barroso, tenta une infiltration au Pays basque.

L’infiltration des maquis et la répression antifranquiste

Le 18 novembre 1944, quarante maquisards commandés par les chefs mentionnés débarquent à Hondarribia avec l’intention de se déplacer vers le Bizkaia et Santander pour y établir des bases de guérilla. Les membres de l’expédition partirent d’Hendaye et débarquèrent sur la plage d’Hondarribia en direction du phare de Higuer. La perte d’un chargeur de mitrailleuse alerta la police franquiste, qui lança une intense mobilisation pour localiser les infiltrés.

Des perquisitions et arrestations eurent lieu dans les fermes autour de Hondarribia, mais les maquisards réussirent à atteindre Bilbao, Eibar et San Sebastián, où ils disposaient de réseaux de soutien. Malgré cela, la majorité des membres furent arrêtés par la police et transférés à la Comandancia d’Irun. Après interrogatoire, ils furent conduits à la prison d’Ondarreta et jugés en conseil de guerre. Cinq furent condamnés à mort ; leurs peines furent commuées, sauf celle de Pedro Barroso, fusillé à Vitoria-Gasteiz en 1945. Plusieurs condamnés restèrent en prison jusqu’au début des années 1960 (Rodríguez, 2001).

En dehors de cette infiltration ratée, un seul autre épisode antifranquiste est documenté à Hondarribia à cette époque. En juin 1945, plusieurs pêcheurs furent arrêtés à la suite de l’arrestation de militants du Partido Comunista de España (PCE) à San Sebastián, supposés soutenir le PCE dans la région.

Développement urbain de l’après-guerre (1941-1959)

En 1941, l’ancien maire de Hondarribia sous la dictature de Primo de Rivera, Francisco Sagarzazu, revient à la mairie et y restera jusqu’en 1958. Le fait le plus marquant de ce retour fut la réactivation des anciens plans urbanistiques de la « Sociedad Progreso de Hondarribia ».

Selon Eunate Beperet, peu avant de redevenir maire, Sagarzazu consulte José Múgica, avocat de la Sociedad Inmobiliaria Vascongada, au sujet des terrains municipaux du Puntal de España, qui l’encourage à présenter une proposition pour « démonter doucement et discrètement tout le système mis en place pendant la République », revenant ainsi à la situation de 1930 (Beperet, 2002 : 158). Les contrats municipaux avec la Société furent résiliés.

Après avoir pris le contrôle du Conseil municipal et annulé, le 5 février 1942, toutes les décisions adoptées par le conseil républicain, commence une importante période de réorganisation urbaine, allant de 1944, avec l’inauguration de la Plaza del Obispo, à 1963, avec les Murales de Beruete inaugurés par le maire Fernández de Casadevante.

Pour ces projets, Sagarzazu collabore avec l’architecte guipuzcoan Pedro Muguruza Otaño, qui avait conçu les projets initiaux de la Sociedad Progreso de Hondarribia et des projets annulés du Pont International Alfonso XIII et de l’extension du Puntal de España. Muguruza fut également Directeur Général de l’Architecture après la guerre et commissaire pour la reconstruction de Madrid en 1945.

Cette collaboration aboutit à plusieurs projets urbains emblématiques :

Plaza del Obispo (1944)

Statues et reliefs : San Juan de Dios (1947), Balleneros de Terranova (1954), Parque de Madrid (1955)

Murales de Beruete (1964)

Le quartier de pêcheurs Azken Portu, construit sous la Loi des Maisons Bon Marché de 1939, est inauguré en 1949 avec la présence du ministre des Affaires Étrangères Alberto Martín Artajo. D’autres œuvres incluent la statue de San Juan de Dios (1947) et le Parque de Madrid (1955), conçu malgré les désaccords avec René Petit.

Le sculpteur José Díaz Bueno joue un rôle clé, réalisant les sculptures et reliefs de la ville, complétant ainsi le trio Sagarzazu-Díaz Bueno-Muguruza responsable de la physionomie urbaine de Hondarribia sous le franquisme.

Sagarzazu approuve également le Plan d’Ordonnancement de 1951 et le Plan de Réforme Intérieure du Casco, remplaçant celui de 1927 de Gutiérrez Soto et Cánovas del Castillo, non apprécié par le maire. Les projets incluent la rénovation de l’Hôtel Castillo de Carlos V (1948), commencé sous Primo de Rivera et interrompu depuis 1941.

Dans une interview en 1943, Sagarzazu souligne que le maire doit « être passionné par l’architecture et le jardinage, se consacrer à l’intérêt général, sacrifiant même l’intérêt privé ». Son refus d’implanter des industries contribue également à l’esthétique de la ville, qui conserve des détails comme l’image polychrome de San Pedro dans l’arc de la Cofradía de Pescadores. Dix ans après son départ, un buste lui rend hommage en 1968 dans le Salon des Plénums.

Pendant les mois difficiles et longs de la transition politique du franquisme vers le régime de partis, Hondarribia fut le théâtre de l’un des épisodes sanglants les plus douloureux de la période. Après la célébration de l’alarde du 8 septembre 1976, lorsqu’une foule déambulait et remplissait les rues du quartier de la Marina, la constitution d’une petite manifestation en faveur de l’amnistie des prisonniers de l’ETA provoqua l’intervention des forces de la Police Armée et de la Garde Civile, qui utilisèrent soudainement du matériel anti-émeute. Lors d’une des charges, alors que les gens tentaient de se réfugier dans les portails et les ruelles, le jeune Irundarra de vingt-deux ans, Jesús Mari Zabala, participant habituel de l’alarde avec la compagnie de Mendelu, fut mortellement blessé. À partir de ce moment, les fêtes se transformèrent en un deuil collectif. Le dîner des autorités avec le Gouverneur Civil au château fut suspendu, ainsi que les danses, dîners et festivités. Le lendemain, Mercedes Iridoy, maire de Hondarribia, démissionna avec le reste de la corporation municipale. La province de Guipuscoa entra le 10 septembre dans une grève générale, marquée par des incidents et des manifestations. Une énorme manifestation, menée par Mme Iridoy, se constitua malgré l’interdiction, après les funérailles célébrées à l’église de Hondarribia le 11 septembre.

  • Referéndum de 1976

3.549 si, 82 no, 194 votos en blanco y un 56,47 % de votantes

Elecciones de 15-VI-1977.
PNV 1.639
PSOE 1.179
EE 740
DIV 534
ESB 488
GU 359
DCV 320
PCE 137
PSP 113
ANV 73
FUT 66
FDI 31
AETG 12
Nulos 58

Referendum constitucional del 6 de diciembre de 1978
Votos 3.210  
Abst. 4.751 60,25%
1.982 24 89%
No 961 12,32%
Blanco 201  
Abst. y No   72,57%

Elecciones generales del 1-III-1979 (Censo electoral: 8.007)
Ref. Ibermática. Norte, SA
PNV 1.844 34,93 %
HB 912 17,27 %
EE 851 16,12 %
UCD 720 13,63 %
PSOE 692 13,10 %
PCE 78 1,47 %
UN 40 0,75 %
EMK 38 0,71 %
UFV 37 0,70 %
EKA 35 0,66 %
ORT 13 0,24 %
IR 10 0,18 %
ULE 5 0,09 %
LKI 4 0,07 %
Abstenciones 2.639 32,95 %

  • Elecciones municipales de 3 de abril de 1979

Para cubrir las 17 concejalías de este ayuntamiento se presentaron cuatro candidaturas: PNV, PCE, PSOE y Hondarrabiko Ezker Batua, apoyada esta ú1tima por ESEI, EE y HB. Resultando elegidos, sobre un censo de 7.355 electores, los siguientes concejales: PNV con 2.529 votos: Alfonso Oronoz, José M. Olascuaga Garmendia, Miguel Bernedo, Elvira Picabea, Francisco Lapitz, Juan Luis Llorens, Angel M. Salaverria, Yon Arrizabalaga y Juan Mari Sáez; H. Ezker Batua con 1.775: Enrique Lecuona, Alfredo Lainsa, Santiago González, Juan L. Zubillaga, Mikel Zuazabeitia y Juan M. Bello; PSOE con 654: Román Rico y Enrique Iparraguirre. Alcalde: Alfonso Oronoz del PNV.

Referéndum estatutario del 25-X-1979 (Censo electoral: 8.385)
Ref. El Diario Vasco, 27-X-1979.
Votos: 4.908 58,53%
Abst. 3.477 41,47%)
Si: 4.540 92,50%
s/c   54,14%
No 132 2,68%
Blanco 86 1,75%
Nulos 52 1,05%

Elecciones para el Parlamento vasco, 9-III-1980 (Censo electoral: 8.593)
Ref. El Diario Vasco, 11-III-1980.
PNV 2.258 47,21 %
HB 780 16,31 %
EE 664 13,88 %
PSE 455 9,51 %
UCD 245 5,12 %
AP 117 2,44 %
ESEI 64 1,33 %
PCE 58 1,21 %
EMK 41 0,85 %
LKI 10 0,20 %
EKA 9 0,18 %
PTE 9 0,18 %
UC 6 0,12 %
Abstenciones 3.811 44,35 %

  • Archivo de la Presidencia del Gobierno (A.P.G.)
  • Archivo General de la Administración (A.G.A.)
  • Archivo Municipal de Hondarribia (A.M.H.)
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