Villes

Maule-Lextarre

L'évolution démographique de Mauléon, à l'instar de celle de nombreuses communes de l'arrière-pays, est marquée par une constante : la faible vitalité économique de cette région, qui a connu un exode important. Le potentiel démographique de Mauléon n'a pas connu de variations notables au fil des ans. Les 3 368 habitants recensés au début du XXe siècle dépassent à peine les 4 000 quatre-vingts ans plus tard, après une croissance minime qui n'a pas été exempte de baisses démographiques dans des situations conjoncturelles très spécifiques. Cette croissance modeste contraste avec le dépeuplement marqué que l'on observe dans la quasi-totalité des communes de Zuberoa, dont l'évolution démographique a été clairement régressive, passant de 20 702 habitants en 1901 à 15 404 en 1982. Le registre municipal au 1er janvier 2000 en comptait 3 347.

L'évolution démographique de la commune de Mauléon-Licharre de 1846 au début du XXIe siècle est illustrée dans le tableau ci-joint, qui présente les années et le nombre d'habitants :

Año Habitantes Año Habitantes
1846 1.577 1926 4.316
1870 1.876 1931 4.069
1876 2.108 1936 4.193
1881 2.409 1946 4.567
1886 2.251 1954 4.619
1891 2.575 1962 5.048
1896 2.651 1968 4.500
1901 3.368 1975 4.239
1906 4.045 1982 4.099
1911 4.827 1990 3.533
1921 4.220 2002 3.347

Cette évolution démographique est la conséquence du modèle socio-économique dominant, ainsi que de l'impossibilité de développement urbain de la commune. Cette impossibilité de développement conditionne, d'une certaine manière, l'occupation du sol. La rive gauche est résidentielle ; la rive droite, industrielle.

Si, en 1901, la population de Mauléon représentait 16,26 % de l'ensemble du territoire historique, elle en représentait 26,81 % en 1982. Cela montre que face à la croissance de Zuberoa, on observe une augmentation, bien que légère, de la capitale. Les 4 099 habitants recensés en 1981 se trouvaient pratiquement tous dans le centre principal de la commune. La population dispersée ne représentait que 3,2 % du total (132 habitants). Selon le recensement de 1982, on comptait 2 230 femmes et 2 012 hommes ; 1 115 mineurs, 2 374 adultes et 753 personnes âgées.

Depuis pratiquement le milieu du XXe siècle, la croissance naturelle de la population est minime. La tendance à la baisse de la natalité et l'augmentation progressive de la mortalité, conséquence du vieillissement de la population, se traduisent par une croissance naturelle très faible qui, ces dernières années, ne parvient pas à compenser l'exode vers le littoral et les zones industrielles du pays. Entre 1954 et 1968, le taux brut de natalité s'est établi en moyenne à environ 15 naissances pour mille habitants, et la mortalité à environ 12 décès, également pour mille habitants. La natalité a considérablement baissé ; la croissance naturelle est « nulle » ou négative, c'est-à-dire que le nombre de décès dépasse celui des naissances.

Au vu de ce qui précède, il n'est pas nécessaire de s'attarder longuement sur la répartition par âge pour se faire une idée du vieillissement progressif de la population de Mauléon. Si, à la fin du XXe siècle, nous divisons la population en trois grands groupes d'âge, nous constatons rapidement l'importance du groupe des plus de 65 ans (personnes âgées), qui représente 17,7 % du total. À l'autre extrémité, on trouve le groupe des jeunes, de 0 à 20 ans, qui représente 26,3 %, et au milieu, la population adulte, âgée de 20 à 65 ans, qui représente 56 % du total.

En termes de répartition par sexe, la population féminine est clairement dominante, avec un ratio de 110,8 femmes pour 100 hommes. Les femmes représentaient 52,6 % du total et, par conséquent, le « sex ratio » ou rapport entre les sexes est de 0,90. Cette prédominance de la population féminine est caractéristique des zones d'émigration et des populations adultes, car c'est dans les tranches supérieures de la pyramide des âges que l'on observe la majorité des femmes par rapport aux hommes en raison de la surmortalité masculine.