Concept

Bataille de Roncevaux

Retour par la Vasconie à Auxerre. Mission en Aquitaine. Le retour de Charlemagne, humilié et endeuillé, est rapide. C'est un véritable galop. Il parcourt en moyenne 25 km par jour, sachant qu'en six semaines, il a parcouru pas moins de 1 200 km, sans compter les séjours obligatoires, comme celui qu'il a fait avec sa femme à Chasseneuil. Le 15 août, la bataille de Roncevaux a lieu ; il traverse aussitôt toute la Vasconie et l'Aquitaine, passe par Auxerre et, le 24 septembre, il est déjà à Herstal, en Belgique. Malgré la hâte de la marche, il a le temps de prendre des décisions drastiques en Aquitaine. Il est chargé de veiller sur le royaume, de surveiller ses frontières et de fournir des produits agricoles aux villas royales du nord. L'Aquitaine borde la Vasconie sur toute la longueur de la Garonne et les walis musulmans le long des Pyrénées. Pour parvenir à ses fins, il souhaite s'assurer la confiance absolue de personnes au sein de l'administration aquitaine et, comme aucun autochtone n'est digne de confiance, il nomme des comtes de lignée franque, invulnérables aux ruses et violences des Aquitains. Il tente ainsi d'assimiler l'Aquitaine, la mettant sur un pied d'égalité avec les autres provinces du nord, en renforçant l'autorité royale et les ressources patrimoniales. La Vasconie, cependant, demeure inchangée. Il n'existe aucune trace historique de Lupo II, car il disparaît, son fils lui succédant. Charles envisage de retourner en Vasconie et d'atteindre ses frontières dans la région de Pampelune. Comme on le verra quelques années plus tard, une tentative de soumission est entreprise jusqu'à Pampelune. On ne connaît pas de destitutions en Aquitaine mais on entend parler de la nomination de nouveaux comtes à Bordeaux, Toulouse, Albi, Périgueux, Lemousin, Bourges, etc. Pour les villes clés comme Bordeaux et Toulouse, limitrophes de la Vasconie et les premières à intervenir contre tout soulèvement, il nomme respectivement les comtes Sigwino et Chorson. Français Le texte de l'Astronome est le suivant : Sachant donc, le roi Charles, qu'un royaume est comme un corps qui est affligé tantôt par tel malaise, tantôt par tel autre, à moins que, usant du conseil et de la force d'âme des médecins, la santé reçue ne soit choyée..., il constitua dans toute l'Aquitaine des comtes, des abbés et beaucoup d'autres (subordonnés) qu'on appelle communément vassaux (tous) de la lignée des Francs, dont la prudence et la force d'âme, sans ruse ni violence, il serait prudent de s'opposer, et il leur confia le soin du royaume autant qu'il lui semblait utile, la garde des frontières et l'approvisionnement des villes royales avec les produits des champs. Et à la ville de Bourges, il assigna d'abord Humbert comme comte..., à Tolosa Chorson..., à Sigwino à Bordeaux... Auzias suppose, comme le dit la fausse lettre d'Alain, que Lupo II était impliqué dans toute cette impénétrable affaire de Roncevaux, mais la succession de son fils Lupo Sancho dans le duché sans difficulté et au service des Francs dissipe tout doute. L'embuscade fut fomentée depuis Pampelune. Or, face au désastre et à son ampleur, le plus urgent pour l'Aquitaine est de surveiller les Basques de l'autre côté de la Garonne et les Musulmans de l'autre côté des Pyrénées, à la frontière de l'Empire.