Elle part pour Rome, à l'occasion du Jubilé de l'Année Sainte, mais, arrêtée en chemin (dans le Piémont) parce qu'on l'accuse d'être une espionne du gouvernement espagnol, elle est contrainte de faire demi-tour. À Madrid, elle demande à prendre sa retraite par le biais d'un mémoire et se voit attribuer une rente de 800 escudos. Il ne fait aucun doute que Catherine ressent à ce moment-là le besoin de mener une vie plus tranquille, du moins sur le plan financier. Lors d'une nouvelle tentative pour se rendre à Rome, elle y parvient. Urbain VIII lui accorde l'autorisation de poursuivre la vie qu'elle a choisie, à condition qu'elle modère ses élans belliqueux. À Rome, elle se retrouve à nouveau entourée de gens que son cas laisse stupéfaits et se voit cernée de « personnages, princes, évêques et cardinaux ». À Naples, alors qu’elle se promenait un jour sur le quai, deux dames et deux jeunes gens se mirent à rire en la voyant passer. « Elles me regardaient, et en les regardant, l’une d’elles me dit : Madame Catherine, où allez-vous ? » Erauso répondit : « Mesdames les p..., je vous donnerais cent gifles et cent coups de couteau à celles qui voudraient vous défendre. » Elles se turent et s’enfuirent en trombe. Et il ne fait aucun doute que si elles n’étaient pas parties, les souhaits du pape auraient bientôt été déçus. Cette année-là, Catherine fut peinte en Italie par le peintre Francisco Crecencio, dont la toile a malheureusement disparu.
