Biographies

Erauso, Katalina (1592-1650)

Une fois le bateau amarré dans le premier port sud-américain, Catalina dérobe 500 pesos à son oncle et se lance dans son aventure américaine. Sa première préoccupation est de trouver un travail qui lui permette de subvenir à ses besoins ; pour cela, elle se met au service d’un riche marchand, Juan de Urquizu. Dès lors, Erauso entre en contact avec cette sorte de « cosa nostra » que constituaient les Basques pendant la conquête et la colonisation blanche de l'Amérique ; dans ce contexte, il est curieux de constater que la plupart de ses bagarres et altercations ont lieu avec des personnes non basques : Espagnols, Italiens, etc. Catalina ne tarda pas à montrer son caractère hautain et peu enclin à supporter les affronts, ce qui la conduisit tant de fois à attaquer et à se défendre les armes à la main, tuant à maintes reprises ses adversaires ou les laissant gravement blessés.

La première de ces rencontres mortelles a lieu à Saña, lorsqu’elle est offensée par un certain Reyes, à qui elle inflige une profonde entaille au visage et dont elle transperce l’ami de son épée. Afin d’arranger la situation, Urquizu tente de marier la jeune femme à une dame qui lui est amie – au double sens du terme –, Mme Beatríz de Cárdenas, parente de Reyes, ce que Catalina refuse catégoriquement. Les choses étant ainsi, et selon son récit, son rival la rechercha à nouveau et, cette fois-ci, Catalina en finit avec lui. Capturée par le corregidor Orduño de Aguirre, celui-ci, se rendant compte qu’elle était basque, la laissa s’enfuir et se réfugier dans un sanctuaire. Par la suite, son maître parvint à la libérer, mais elle dut partir pour Lima, où vivait un autre Basque, Diego de Lasarte, ami d’Urquizu. Elle n’y resta que neuf mois, car elle fut finalement renvoyée pour avoir séduit l’une des belles-sœurs de son maître.