« Le mendigoxale est avant tout l’alpiniste par patriotisme » (Jemein). Par ce terme (néologisme de Kirikiño, dont l’orthographe varie selon les époques) on a désigné le secteur des montagnards nationalistes basques qui, tout au long du XXᵉ siècle, s’est caractérisé par sa jeunesse, son radicalisme et son indépendantisme. Leurs propres textes définissent le mendigoizale ainsi : « apôtre de l’idéal sabinien et soldat de la patrie basque ».
En premier lieu, il est avant tout un propagandiste tenace de la doctrine de Sabino Arana (fondateur du PNV en 1895), dont il diffuse les idées lors de ses excursions continuelles à travers les montagnes et les campagnes d’Euskadi, en distribuant des tracts, des brochures et des journaux nationalistes, et en tenant des meetings le week-end. Le mendigoizale est un défenseur fidèle de la pureté et de la radicalité de la pensée d’Arana dans sa première phase politique (1893-1898). Son sabinisme intransigeant le rend résolument indépendantiste et le conduit à militer principalement dans l’aile la plus radicalisée du mouvement nationaliste basque (les aberrianos des années 1910 et 1920, les jagijagis des années 1930).
Outre la doctrine araniste, un bon mendigoizale doit savoir et utiliser l’euskera, connaître l’histoire et la géographie d’Euskal Herria, chanter et danser des chansons et danses basques, être un catholique pratiquant aux mœurs bonnes et saines (célébrer des messes en plein air, ne pas blasphémer ni danser « collé », etc.), en donnant partout l’exemple du basquisme et de la moralité.
En second lieu, le mendigoizale se considère comme un guerrier basque (gudari), qui soigne sa préparation physique, pratique des sports (surtout ceux dits raciaux) et effectue de longues marches à travers les montagnes du pays.
Par sa disposition au sacrifice, voire à donner sa vie pour sa patrie qu’il aspire à libérer (Jagi-Jagi ; « Le sacrifice pour la Patrie est l’unique chemin qui conduira celle-ci à sa complète liberté »), et par la structure de type paramilitaire de son organisation en petits groupes commandés par des chefs, le mouvement mendigoizale constitue également l’embryon d’une future armée basque. De fait, les nombreux groupes de mendigoizales formèrent la principale pépinière des milices nationalistes (Euzko Gudaroztea) durant la Guerre civile.
