Lexique

INGUMA

Génie maléfique qui apparaît la nuit dans les maisons lorsque les habitants sont endormis. Il serre la gorge de l'un d'entre eux, l'empêchant de respirer et lui causant d'innombrables angoisses.

Pour éviter les attaques de ce génie, il est de coutume dans la région d'Ezpeleta de réciter la formule magique suivante au moment du coucher

« Inguma, enauk rent bildur, Jinkoa eta Andre Maria Artzentiat lagun ; Zeruan izar, lurrean belar, Kostan hare Hek guziak kondatu arte Ehadiela nereganat ager ».

(Inguma, je n'ai pas peur de toi. Je prends Dieu et Mère Marie comme protecteurs. Dans le ciel, les étoiles ; sur la terre, les herbes ; sur la côte, les sables. Tant que je ne les ai pas tous comptés, ne te présente pas à moi).

A Sara, on dit cette autre formule :

« Ingumes erromes / Ezniok contrata beldurrez. / Jésus diat aita, / Ama Berjiña Ama, / Zeruko saindu ta aingeru guziak guarda ».

(Inguma pedigüeña, je n'ai pas peur de toi. Mon père est Jésus, ma mère est la Vierge Marie, mes gardiens sont tous les saints et les anges du ciel).

En Ithorrotz, ce génie est considéré comme la cause des mauvais rêves. Pour le chasser, on prononce la même formule que celle d'Ezpeleta, à laquelle on ajoute cette invocation au génie Gauargui :

« Hello aldiz, jin akitala, Gauarguia ! »

(Que tu viennes plutôt à moi, Gauarguia !).

Pour se débarrasser des mauvais rêves, on utilise diverses formules et invocations à Sainte Agnès, à la Vierge et à Saint-André. En voici quelques-unes :

  • A Garay et ses environs (Bizkaia) :

« Andra Santa Ines, / Bart egin dot ames : / ona bada, berorren partez ; / tzarra bada, beioa artez ».(Dame Sainte Agnès, cette nuit j'ai rêvé ; si c'est bon, de ta part ; si c'est mauvais, va-t-en tout de suite).

  • À Beizama :

« Amandre santa Inés, / bart egin det amets : / onez bada, bien partez ; / txarrez bada, dijoala bere bidez ».(Dame mère Sainte Agnès, cette nuit j'ai rêvé ; si c'est pour le bien, en notre nom à tous les deux ; si c'est pour le mal, qu'elle aille son chemin).

  • À Amézqueta :

« Amandre santa Inés, / bart egin det amets ; / berriz egin eztezadala / ez gaitzez ta ez onez ».(Dame Mère Sainte Agnès, la nuit dernière j'ai rêvé ; que je ne rêve plus, pour le meilleur et pour le pire). Ensuite, un Pater est récité.

  • À Ataun :

« Amandre Santa Inés, / bart ein det ames ; eztakit onez ala gaitzez / onez ein badet, betor nere bidez ; / gaitzez ein badet, bijoa bere bere bfdez ».(Mère Sainte Agnès, cette nuit j'ai rêvé ; je ne sais pas si c'est pour le meilleur ou pour le pire. Si je l'ai fait pour le bien, venez vers moi ; si je l'ai fait pour le mal, allez vers vous).

  • À Arakil :

« Ama Birjina Karmes : / nik egin dut amets ; / nere amets guztak / izan berorren onez. »(Mère Vierge du Mont Carmel, j'ai rêvé ; que tous mes rêves soient pour ton bien).

  • Dans Ezcurra :

« Andre Santa Ines, / bart ein dut ames : / bart ein badut gattzez, / gaur ein dezadan onez. »(Dame Sainte Agnès, cette nuit j'ai rêvé ; si cette nuit je l'ai fait pour le mal, qu'aujourd'hui je le fasse pour le bien).

  • Dans Ituren :

« Ama Berjina de Kodes : / nik eiten bot ames, / izan daila onez. »(Mère Vierge de Codés, si je rêve, que ce soit pour le meilleur).

  • À Luzaide :

« San Andrés, / barda ein dut amets, / zurez eta neurez / Yinkoa ta Andre dena Maria, l har nazazie zien hunez / Amén ».(Saint André, cette nuit j'ai rêvé, pour toi et pour moi. Dieu et Dame Sainte-Marie, recevez-moi pour votre bonté. Amen).

  • À Murélaga, il était de coutume d'emmener les somnambules à l'ermitage de Santa Inés de Arteaga. À Dima, on les conduisait à l'église de Rigoitia, où l'on vénère le corps incorrompu d'un prétendu saint. À Arrona, ils se sont rendus à la chapelle de Santa Inés de Iraeta ; les personnes en deuil ont été conduites à San Prudencio. À Cegama et Segura, à l'ermitage de San Pedro de Mutiloa ; à Ataun, à Olaberría et Arriarán.

On dit à Euba que le rêve que l'on fait la nuit du 13 de chaque mois se réalise.

Comme Inguma, Aideko est responsable de toutes les maladies dont les causes naturelles sont inconnues. Il en va de même pour Gaizkiñe qui, en formant des figures de tête de coq avec les plumes de l'oreiller, provoque de graves maladies chez ceux qui s'y allongent. Ce n'est qu'en brûlant ces figures que l'on peut guérir la maladie.

Dans toutes les Pyrénées, on trouve des croyances relatives à ce génie.

Références :

  • Résurrection María Azkue : Euskalerriaren Yakintza , I, pp. 115-117.
  • José Miguel de Barandiarán : Mythologie basque, pp. 69-71, Madrid, 1960.
  • Romeu Figueras, J. : Mitos tradicionales pirenaicos , Pirineos , n.º 15-16, p. 171.

José Miguel de Barandiarán